Vendredi 27 juillet 2007

"Give her everything I paid you for : breakfast, lunch... and dinner."

L'autre soir, il m'est arrivé une de ces soirées existentielles comme il m'en arrive de moins en moins souvent. Je ne sais pas si cela vous arrive mais parfois, avant de me coucher, mon cerveau a un besoin irrépressible de refaire un cheminement depuis l'enfance jusqu'à aujourd'hui pour me montrer soit à quel point je suis une sous-merde congelée soit à quel point je suis un incompris de mon vivant qui devrait se couper l'oreille pour faire parler de lui (je ne savais pas que Vinc' avait introduit la mode Country en Europe. Comme quoi).

Avant, cela m'arrivait très souvent. J'ai passé une partie de ma jeunesse à ne pas dormir et à faire le point. Ce qui m'étonne, c'est qu'à cet âge là, le bilan de ma vie était plutôt maigre mais bon, cela remplissait bien mes soirées quand même. "Hier j'ai acheté un lego,ce qui m'en fait 3 c'est formidable, ma vie est si bien remplie". Aujourd'hui, j'y suis moins sujet. Fatigue du boulot, le stress des exams et hop, les boules grises à  l'intérieur de mon ventre sont toutes chamboulées et faut que je mange un Bio qui s'appelle maintenant Activia. Bref. Aujourd'hui, j'y pense moins parce que je pense à d'autres choses. J'en parlerai peut-être à la saint glinglin d'ailleurs de ces trucs-d'adultes-que -les-jeunes-vous-pouvez-pas-comprendre.

Et donc cette semaine, magré la fatigue, hop : crise existentielle. Aston a-t-il accompli ses rêves? me demanda mon cerveau. Bonne question cerveau, mais là il est tard et j'aimerais bien dormir! Ta gueule et pense, me répondit-il.

Depuis tout piti pitit, j'ai une passion : les voitures, les caisses, les bagnoles, les bolides... tout ce qui a un volant et quatre roues, c'est pour moi. Il suffit de regarder les photos de mon enfance pour comprendre :
- Aston joue à la petite voiture,
- Aston est dans une voiture à pédales,
- Aston a eu une voiture en mécano à Noël (merci père noël)
- Aston casse la voiture familiale (oui oui, enfant...)
- Aston re-casse la voiture familiale (toujours enfant...)
- etc...
Je me rappelle même qu'à l'âge de 5 ans, je me suis levé à 5h du mat' pour assister au dénouement dantesque de la saison de F1 à Suzuka (en gros, la course a duré 6 secondes montre en main). J'avais bien saoulé mes parents mais j'avais vécu un moment historique!

J'avais donc cette passion mais ça s'arrêtait là. Une passion c'est une passion, ce n'est pas un métier. Et ma mère ne voulait pas que je devienne pilote parce que vu comment je me débrouillait avec la voiture familiale, il était peu prudent de me laisser le volant d'une formule 1. Ensuite, j'ai voulu faire des métiers divers et variés : informaticien, dessinateur, architecte, infographiste, publicitaire... Bref, je ne savais pas trop. Alors, j'ai un peu fait des études au pif, en essayant de ne jamais trop me fermer la porte.

Mais v'là-ti pas qu'un jour, je découvris que je pouvais faire de ma passion un métier. Incruyable comme ça cruque, non? C'est fou finalement comme on peut passer à côté de l'évidence. Heureusement, je m'en suis rendu compte à temps.

Et aujourd'hui, je fais un métier qui me botte à mort. Incrédible. J'ai accompli un rêve. Enfin, un important. Parce que j'ai eu aussi la Nintendo dont j'ai rêvé toute ma jeunesse. Quand j'y pense, c'est cool d'avoir réussi au moins ça. C'est un bon parachute au cas où je scie trop ma branche.

Espérons qu'un jour, je réalise les autres rêves de ma vie. Des rêves super intéressants. Qui vous passionneraient j'en suis sûr. Mais dont je ne parlerais pas ici. Pour vous emmerder.

Jeudi 26 juillet 2007

C'est toujous la même histoire.

Elle arrive. Elle a les yeux noirs, très noirs. Ses cheveux sont aussi très noirs. Ils sont attachés en queue de cheval, avec une raie sur la droite. Une mèche traverse son front. Elle a deux fausses petites perles en boucles d'oreilles. Elle porte un t-shirt balnc surmonté d'un pull gris avec un col en vé. Je ne me rappelle pas très bien de son pantalon, mais il lui va bien.

On décide d'aller à la terrasse d'un café pour discuter. Puis on va dans un parc. On s'allonge l'un à côté de l'autre et l'on regarde le ciel. La discussion se poursuit quand...

trwouitrwuoitrwoui.

Mff... Saloperie de réveil.

C'est toujours la même histoire.

Mercredi 25 juillet 2007

Les super-héros sont parfois injustement méconnus. On le sait tous. Laissez-moi donc vous en présenter un : Gaby.

 

Déjà, on comprend pourquoi ce super-héros est injustement méconnu : Gaby, c'est pas franchement bandant pour la ménagère de moins de 50 ans et pas très évocateur pour un morveux de 6 ans gavé de Spiderman, Wonderwoman, Batman et autres Morgan Freeman... Quoique, un héros nommé Gaby est déjà sorti du lot : C'est Gaby gaby gaby gaby, l'ami l'ami des tout petits, tourne le bouton, le bouton tout rond, et je te chanterai des chansons! (celui/celle qui me donne le couplet qui suit, je lui offre un pique nique dans un joli parc avec bonne picole et bon pâté. Top à la vachette! le concours est lancé).

Gaby est donc un mauvais nom pour un héros. Un autre désavantage de notre héros du jour est son métier. Prof de physique dans un lycée pourri d'une région reculée. Mouaif. Ca vaut pas espion ou cosmonaute du futur. Troisième 'blème (ça faisait longtemps que j'avais pas dit 'blème) : Gaby est un prof trèèèèèèèès brouillon. De mémoire, aucun calcul de plus de deux lignes n'aboutit jamais à un résultat convenable. Un quatrième problème avec notre super-héros : sa surcharge pondéral. Disons que sa surcharge était telle qu'il pouvait poser une calculatrice Ti92 sur son ventre et continuer à se servir de ses deux autres mains librement. Les connaisseurs de la Ti92 apprécieront. Ce problème ne lui permettait donc pas de voler, ce qui est très mal vu chez les super-héros. Et oui, la loi de la gravité est ce qu'elle est. Et Gaby, on la lui fait pas : il est prof de physique. Enfin, dernier problème : Wonder-Gaby est chauve. Enfin pas complètement. En fait, il s'est laissé poussé sur le côté gauche de sa tête une mèche de 70 cm qu'il rabat soigneusement jusqu'au côté droit de sa tête. Malheureusement, il néglige l'emploi du gel et la mèche folle a tendance à reviendre en arrière et à le transformer en paon... Pas très sexy tout ça.

Bref, Gaby est l'archétype de l'anti-héros, c'est pour ça qu'on ne soupçonne pas ses super-pouvoirs. En fait, cet homme a eu le pouvoir de me donner confiance en moi. tadaaaa! Oui, ça a l'air un peu nul comme pouvoir mais je vous avoue que c'est impressionnant quand on connaît le défi. Rappel des faits. L'inscription reconstitution s'inscrit en bas de l'écran.

A l'époque, j'étais dans ma phase de résignation. Perso, j'ai pas vraiment fait de crise d'ado mais j'ai compensé par une sorte d'abnégation à toute épreuve. Je vivais pour vivre. Je ne faisais absolument rien pour me prendre en main. Je suivais le cours de ma vie sans trop savoir où ce cours m'emmenait. J'allais donc tranquillement devenir un zombie quand un jour, il m'interpela à la fin d'une classe.

Je ne me rappelle plus exactement ce qu'il m'a dit mais il me dit qu'il croyait que je pouvais faire quelque chose de bien de ma vie et qu'il allait m'aider pour cela. Valà. C'est tout. Cette petite discussion de 2 minutes me gêna beaucoup mais me changea profondément également. J'avais enfin un truc pour lequel me sortir les doigts.

C'est pas grand chose quand on y pense. Mais ça m'a beaucoup marqué. Tellement qu'un jour, je l'ai recontacté pour qu'il me fasse une lettre de recommandation pour une école qui devait me permettre d'accomplir mon rêve de gosse (c'est dire s'il me fallait quelqu'un de confiance). Et il me l'a faite avec une réélle gentillesse et une bonne dose d'éxagération! Mais cette maladresse me toucha énormément...

Bref, cette histoire est un peu bizarre parce qu'elle n'a rien de bien palpitante mais elle a quand même changé ma vie. Super gros porc Gaby était en fait super-gentil. Qui s'en serait douté?

Lundi 23 juillet 2007

 

Rassurez vous, je suis troisième dan d'anglais, je sais ce que j'ai fait. Aujourd'hui nous allons parler d'une loi bine connue, au même titre que celle de Murphy (= loi de l'emmerdement maximum) : je veux bien sur parler de la loi du plus fort.

Il est un fait qui, je crois, caractérise l'animalité, c'est l'application de la loi du plus fort. C'est un peu le sens caché de l'évolution d'ailleurs. Mais pour moi, ce qui nous différencie essentiellement des autres animaux, c'est bien le fait qu'on essaie de renier cette loi.

Prenez la société en place aujourd'hui : c'est quand même bien une invention très humaine. Tu bosses pour toi d'accord, mais tu bosses aussi pour les autres : tu payes des impôts, tu aides à construire des routes (pas avec tes petits bras pas musclés bien sûr), tu remplis l'assiette des vieux dans les maisons de retraite, tu aides les chômeurs à retrouver du boulot et donc, tu les aides à t'aider peut être plus tard (c'est bien compliqué...), tu payes Raymond Barre pour qu'il dorme au Sénat...

Donc, à la louche, à quelques brouettes près, la société, c'est avant tout renoncer à exercer la loi du plus fort. Et comme ça, tout le monde aura sa part du gâtal (un gâtal, des gâteaux).

Pourtant, il y a des restes d'inhumanité en nous qui me pètent gentiment les rouleaux. Ce sont ce que j'appellerais les "substituts à l'explosage de gueule". Ainsi, on a inventé le sport pour pouvoir quand même évacuer nos pulsions les plus primaires. "Toi, je vais te défoncer la gueule... en te mettant un but et non pas en t'arrachant la tête à coups d'épée en acier rouillé". On substitue quoi.

Donc, le sport est un terrain de l'expression de la loi du plus fort. Mais il y en a plein d'autres :
- le boulot : ton chef montre ses gros muscles en te sucrant ta promotion.
- l'école : le premier de la classe laisse le cancre dans sa merde à l'exam de géo.
- la drague : Brian te pique Jennifer en un sourire alors que tu travailles ton coup depuis la maternelle.
- l'informatique : les geeks prennent leur revanche. Boutonneux à la ville, ils t'emmerdent avec des virus le soir.
- la richesse : Brian (toujours lui) te montre son nouveau jean Diesel et toi tu caches ton bermuda Pantashop.
- les vieux : ils te prennent pour un con si tu n'as pas leur expérience dans l'épluchage de patates.
- les jeunes branleurs : ils se foutent de toi si tu ne connais pas la dernière marque de lunettes à la mode.
- et caetera, et caetera...

Bref, je suis souvent désespéré de voir que nous succombons tous un jour ou l'autre à l'envie de nous montrer le plus fort et d'écraser les autres. Enfin, après tout, je trouve ça "normal". Ce que je trouve moins, c'est que ce mode de fonctionnement revienne "à la mode".

Prenons le maillon faible. Même si ça casse pas trois pattes à un canard, tout le monde se fait gentiment humilié pendant une heure pour gagner 200€. Et personne ne dit rien. Imaginez que votre chef vous dise les mêmes choses... Je pense qu'il y aurait quelques syndicalistes prêts à en découdre.

Prenons les castings de télé réalité. Les castings sont marrants pour nous mais d'une violence finalement terrible. Certes, Raymond chante comme un camembert pourri. Mais est-ce bien nécessaire de l'humilier avec quelques bonne vanne souflée par la production. Pas sûr.

Je trouve généralement que l'on devient de plus en plus tolérant devant l'expression de la loi du plus fort. Ca s'est ressenti pendant les élections. Grosso modo, une bonne partie des gens pensent aujourd'hui qu'il faut mettre en avant le mérite. Bien sûr. Mais je me doute bien que cela se fera au détriment de ceux qui n'ont pas la chance de faire valoir leur mérite.

Bref, mettons nous tous un costume de barbapapa et faisons l'amour tendrement. "Zut à la fin" (c). Un peu de tendresse, valà ce qui nous faudrait.

Dimanche 22 juillet 2007

 

Alors ça y est, ils nous ont eu... ils nous ont touché au plus profond de notre âme. En le tuant, ils nous tuent tous un peu. Justin Bridou est mort en ce mois de Juillet 2007.

Nan, rassurez-vous Raymond et Geneviève Bridou, votre fils n'est pas mort mais c'est tout comme.

A mes yeux, Justin était un saint homme puisqu'il défendait une noble cause : la cause du saucisson. Certes, sa saucisse sèche n'était plus vraiment sèche, son saucission aux noisettes ne transfigurait pas nos apéros mais il restait un allié fidèle, un palliatif de choix aux absences de saucisson de pays. Amis corses, je vous aime.

Bref, même si Justin avait depuis longtemps laissé tomber sa vieille C15 pour passer à la livraison industrielle par camions de 38 tonnes, même s'il avait en partie pactisé aec la grande distribution pour accroître ses marges sur la chair de porc, il défendait quand même des valeurs de franchouillardise pas déplaisantes.

Mais donc, en ce mois de Juillet 2007, Justin a franchi la limite. Il a fait ce que personne ne pouvait croire : il a.... il a... c'est dur.... il a... allégé son sauc'bac... mon dieu, Jésus Marie Joseph, priez pour nous pauvres pêcheurs.

Je sais je suis pas crédible, j'ai jamais pu pifré Jésus. Mais bon quand même, on devient fou, on fait n'importe quoi quand on apprend ça, non? Du saucisson allégé... Vous me direz, on avait le café sans caféine, le coca sans sucre, la crême fraîche sans crême (de la fraîche alors?), des bières sans alcool... bientôt, on nous sortira des Pringles sans sel (j'en tremble déjà, brrr), des curly sans goût de cacahuète, des glaces Haagen Dasz sans morceaux de brownies bien gras, des Kouin Aman (désolé pour l'orthographe) sans beurre...

Nan mais merde, c'est quoi l'intérêt de prendre l'apéro si ça ne nous coupe plus l'appétit, ça sert à quoi de nous goinfrer de glace devant Desperate Housewives (bientôt, un article sur ma part féminine) si on prend pas du cul (sauf moi, hihihi), ca sert à quoi de nous bourer à la bière si ça nous fait juste pisser, mais même pas à côté....

Bref, je commence à en avoir ralcu. Ralcu de me faire emmerder même quand je me fais trois rondelles de sauciflard. Justin, arrête de faire le con. Pense à tes enfants. Ce serait moche qu'ils perdent leur héros. Alors pose ta chair à saucisse allégée... valà, tout doux.... maintenant, prends le pot de saint doux et verse le dans la chair... ... Vas-y pleure minot, c'est normal...

Et promets-moi de ne plus recommencer.

 
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