Lundi 17 juillet 2006
On parle souvent du rôle de la mère, un peu moins (dans la pratique, jamais) de celui du père. A croire que Papa ne fait que du bricolage à la maison.
Cet article pourrait s'appeler "mon père, cet anti-héros". Oui, mon père est un anti-héros, c'est ce qui en fait à mes yeux le plus grand papa de la terre. 2m58 au bas mot.

Mon père a donc hérité, comme tous ses camarades générationnels, du rôle ingrat d'assurer la transition dans les années de la libération de la femme. J'imagine que ce ne fut pas facile, car malgré l'évidence de la libération de la femme, il devait y avoir une sacrée pression machiste à l'époque. "Hé oh fiston, t'es pas une tafiolle, tu vas pas te faire emmerder par ces grognasses". Il faut quand même avoir des couilles pour refuser le discours dominant.

Si l'on regarde de loin, mon père est assez old school dans l'esprit : papa bricole, papa passe beaucoup de temps au boulot, papa n'aime pas quand on l'emmerde le week end, papa roupille n'importe où.... bref, un papa de son époque, qui aurait pu très bien mal tourner.

Pourtant, quand on y regarde de plus près, il est ultra moderne dans l'esprit (ah la la, le progrès) : il n'a jamais exprimé le moindre sentiment de supériorité à l'égard de ma mère ("tu crois pas qu'c'est moi qui vais aller la chercher cette bière!"), n'a jamais eu à nous inculquer une égalité qui était l'évidence dans la famille ("laisse ta mère tranquille, elle fait la vaisselle"), n'a jamais considéré les tâches ménagères comme étrangères à un homme ("un quoi? un bas lait?").

Par ailleurs, il ne nous a jamais éduqué dans le culte de la virilité ("hey oh, tu vas quand même pas faire de la danse, c'est pourles tarlouzes"). Bon, bien sûr, je me suis ramassé quelques allers-retours qui nous ont marqués, moi et mon popotin, mais jamais il ne nous a poussé à se venger de quelqu'un par la violence. Ah si une fois. Il a dit à mon frère de se venger. Et mon frère a donné un coup de marteau à mon voisin...

Certains jugent certainement que mon père est quelqu'un d'effacé. D'une, je les emmerde. De deux, je dirais qu'ils sont dans le faux. Il n'est pas quelqu'un d'effacé mais quelqu'un qui sait s'effacer. Nuance, comme diraient les couleurs.

Et au final, quand j'ai fusillé tous mes modèles masculins ce week end, un seul restait là, debout au milieu du désert. C'était lui. Et il n'en a retiré aucune fierté. C'est ça que j'apprécié chez lui : l'évidence de la justesse. Je ne sais pas si j'arriverai à être aussi chouette que lui plus tard. En tout cas, il envoie du gros pâté mon père, c'est un peu le plus beau et le plus fort.

Après Popeye peut être.

Dimanche 16 juillet 2006
Non, nous ne parlerons pas jardinage comme certaines personnes le font.Elle le font très bien, et comme le mieux est l'ennemli du bien... Non, nous parlerons de fond et de forme et en l'occurence, de fond.
(Celui qui trouve la blague gagne une photo de moi en string léopard)

Comme je suis quelqu'un qui aime les compromis, je suis conscient que fond et forme sont intimement liés, un peu comme Marc et Sophie l'étaient à l'époque.

Par contre, comme tout timide qui se respecte, je suis fort peu à l'aise avec la forme des choses dans mes relations sociales. Et comme tout bon scientifique qui se respecte, je suis mal à l'aise avec la fome à l'écrit. Bref, pour m'en sortir dans ce monde terrible, il me faudrait donc compenser le tout par un fond hors du commun ou, au minimum, au niveau moyen (un petit 09/20 m'irait fort bien).

Cependant, force est de constater que je suis quelqu'un de fort peu cultivé. Et que je suis plutôt plutôt culturé. Etre culturé? qu'est ce que ça veut dire dans ma tête d'Aston mal dégrossi? Ca veut dire en gros que je suis quelqu'un de mon siècle, terriblement au courant de la dernière relation de Brad Pitt avec Angelina Jolie mais fort peu au courant de la saveur des madeleines de Proust.

Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir de la mémoire. Je suis même plutôt bien servi dans le genre. Je suis capable de vous ressortir les pires anneries de la terre que j'avais vu par hasard, un soir de jui 1987. Par contre, demandez moi de vous dire qui a écit tel ou tel bouquin et un corbeau passe derrière ma tête, façon Nicky Larson.

Donc, j'ai de la mémoire. Mais je suis incapable de me rappeler les bons mots d'un bouquin, les dates de naissance de Balzac, le tableau célèbre de Rubens, le rock'n'roll qui a fait découvrir Mozart...

Bref, je fais un énorme complexe d'infériorité vis à vis de certaines personnes. La culture m'impressionne, me fascine, me surpasse, m'écrase. Ce qui m'écrase le plus, c'est quand cette culture se ressent sur la forme. Terrifiant. Vous savez, quand la personne en face de vous utilise des références du livre inconnu de Beaudelaire et que vous, vous utilisez une image tirée du club Dorothée... voili voilou, on baisse les oreilles et on part la queue entre les jambes.

Je sais qu'il ne faudrait pas en avoir honte mais c'est comme ça : je suis quand même un gros naze quand on y réfléchit. Ca me rend triste quand j'y pense, mais rassurez-vous, cela ne me démoralise pas à longueur de temps non plus! Non, mais parfois, j'aimerais pouvoir soutenir la comparaison, faire un peu moins bourru.

Arf, que voulez-vous, on ne se donne pas une culture après 20 ans. Je vais devoir vivre avec la mienne. En espérant que Goldorak s'invite au Panthéon des grands écrivains...

Samedi 15 juillet 2006
On va dire un truc : pour les prochains articles, je ne me soucierai ni de la quantité ni de la qualité. Si si, je vous jure, avant, je le faisais!... Vous ne me croyez pas? Pfff, public de merde!

Aujourd'hui donc, réflexions passionnantes sur sur nuage noir qui me suit au quotiden et qui me fait mériter mon surnom de Pierre Richard.
Récemment, je me faisais la réflexion suivante : si je suis bien le fils spirituel de Pierre Richard au quotidien, il n'en est pas de même dans la vie en général.

Ainsi, j'ai beau me cogner les orteils dans les coins de table, me faire chier dessus par des mouettes, rater mes trains, choisir toujours la mauvaise file d'attente, ... il n'en reste pas moins que ma vie est parsemée d'événements (oui oui, deux é à événements) quasi miraculeux.

C'était l'histoire de mes petits cartons. En ne demandant jamais rien, j'ai toujours reçu. Et pas de la merde en plus. C'est aussi l'objet de mon dernier article. Je ne cherche rien dans la vie, c'est ça sans doute mon problème : je ne provoque pas le destin. Mais le destin s'est toujours chargé de trouver pour moi. Au final, pourquoi changer une méthode pourrie qui marchequand même?

Je me retrouve donc encore aujourd'hui face à  l'impressionante auréole de nouilles qui borde mon cul. Le destin fait qu'il m'arrive quelque chose que certaines personnes ne rencontrent jamais dans leur vie.

Bien sûr, tout n'est pas rose. Heureusement d'ailleurs, ce n'est vraiment pas ma couleur préférée. Mais bon, passons. Donc, tout n'est pas rose. En bonne vieille garce qu'elle est, la vie s'arrange pour me mettre des ch'tits bâtons dans les roues. Mais je ne lui en veux pas du tout. J'ai pas de roues, mais des jambes.

Je sais reconnaitre la chance quand elle se présente. Et en ce moment, malgré tout ce qui se passe autour, elle est là. Pourvu que ça dure.


Vendredi 14 juillet 2006

 


Imaginez la scène...

Musique d'Enio Morricone (désolé pour l'orthographe, j'ai la flemme de regarder dans google). Le désert de la vallée des morts. Une boule de paille traverse le décor. Un coyotte hurle à la mort.

Et là, au millieu de cet immense désert, tous les héros de votre jeunesse sont alignés. Je ne parle pas de Goldorak, San Go Ku ou Petit ours brun. Non, je parle des vrais héros : ceux de votre famille. Vous savez, ce tonton farceur que vous aimez tant, cette tante adorée, cet autre oncle fantastique... tous ces héros qui ont transformé votre enfance.

Ils sont donc tous là. Et vous, vous leur faîtes face, une mitraillette à la main. Votre mère est à côté de vous. Et, méthodiquement, elle vous raconte les pires atrocités sur chacune de ces personnes. Votre visage se décompose à chacune de ses paroles. Votre doigt tremble sur la détente. Votre coeur s'accélère.

Ces héros que vous aviez rêvés ne sont finalement que des hommes. Dans toute leur médocrité. Et vous avez la possibilité de leur faire payer ces horreurs qui font que maintenant, c'est votre mère qui pleure.

Alors. Alors j'ai tiré. J'ai tiré. Une balle pour chacun. Pas dans la tête, pas dans le coeur. Dans le genou. Et je me suis cassé avec mon fidèle Tornado en les laissant là, par terre. S'il veulent me retrouver, je leur laisse une dernière chance. Mais ils vont en chier pour me retrouver avec leur future jambe de bois.

Je n'ai que peu de mots aujourd'hui pour exprimer mon dégoût des hommes. Pas des Hommes, des hommes.

Et de me demander maintenant quand viendra le moment où, moi aussi, les mains liées, les genoux à terre, face à ma famille, mes amis, je devrais répondre de toutes les saloperies que je n'ai pas encore faites. Mais qui semblent inscrites dans ce foutu chromosome qui me sépare de la féminité.

Jeudi 13 juillet 2006

arf

Des chercheurs qui cherchent, on en trouve.
Des chercheurs qui trouvent, on en cherche.

Et des trouveurs qui se cherchent?
Ca fait un bon moment que je suis là, à essayer d'exprimer ce qui ne peut pas l'être.
Ca fait un bon moment que je ne suis plus vraiment là, que je ne ne m'exprime plus. Peut être.

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus