Vendredi 7 juillet 2006
Je hais mon physique, c'est en partie ce qui m'empêche d'aller vers les gens. Et pourtant, je suis le premier à juger le physique comme capital. Paradoxal? Pas tant que ça.
Je ne fais pas partie des faux-culs (il faut bien appeler un panda un panda) qui disent que l'important se cache à l'intérieur. Ca me rappelle un sketch de Mr Manatane. "Mais, Manatane, la vraie beauté, n'est-elle pas celle qui vient du coeur? Je lui ai dit mon cul oui! C'est les moches qui disent ça".

Perso, je suis assez d'accord. J'ai toujours été complexé par mon physique, justement parce que j'y accorde beaucoup d'importance. Si la vraie beauté venait de l'intérieur, ça ferait longtemps que je serais mannequin (je sais, je me la pète à mort, mais c'est pour le style de l'article).

Du coup, j'ai toujours eu des goûts de luxe en ce qui concerne les damoiselles. Et oui, on peut être moche et rêver de jolies filles. Je ne me suis jamais dit "bon ben, rabats toi sur ça"(rho, c'est moche ce que je viens de dire) en regardant la moche de la classe. Je préferais être à la fois le moche et le célibataire de la classe. Non, vraiment, je ne vois pas pourquoi les moches iraient avec les moches et les beaux avec les belles. Ce qu'il faut se dire, je pense, c'est que, de la même façon que l'on est forcément le con de quelqu'un d'autre, on est aussi le beau de quelqu'un.

Ca ne m'a pas empêché de ressentir mille fois le "trop belle pour moi". C'est p'têt même la phrase à laquelle j'ai le plus pensé quand j'étais au lycée. Ah non, c'est peut être "je me ferais bien un billard". Mais bon, elle est minimum en deuxième place, c'est dire. C'est une sensation assez bizarre que celle d'être dépassé par la beauté de quelqu'un au point de ne pas oser lui parler. On est quand même bizarrement foutu.

Tout ça pour dire au final qu'il faut arrêter de dire que le physique ne compte pas. Il est primordial. Qu'il est aussi important que l'intérieur. Encore heureux dirais-je : sinon, les beaux et cons seraient terriblement seuls. Comme d'habitude, je dirais d'arrêter l'extrêmisme à deux balles. Il n'y a pas un côté qui compte plus que l'autre. Tout n'est que subtil alchimie, dosage méticuleux et touillage acharné (cf velouté fruix).

Et si finalement, l'important n'était pas d'arrêter de réfléchir trente secondes.

PS : Ils sont bien ces petits.
 
Jeudi 6 juillet 2006
"Vous entendez?! Ca, c'est la mélodie du temps qui passe. Vous savez Nicolas, ces gens-là savent encore donner le temps au temps. Et vous savez pourquoi? Parce qu'ils sont au chômage!" Mr Manatane est peut être un héros pour moi, il n'en reste pas moins un vrai philosophe de son temps. Car oui, le temps est quelque chose de terriblement relatif.
On a tous eu l'impression un jour ou l'autre que le temps passait à 2 à l'heure. On arrive en cours, il est 8h. On regarde sa montre 1 heure plus tard, en espérant la pause, et en fait, on se rend compte qu'il n'est pas une heure plus tard mais un quart d'heure plus tard. On a beau secouer sa flick flack, rien n'y fait : flick reste à l'opposé de flack. Saloperie de montre suisse.

Oui le temps est bien relatif. Quand arrive le jour du bac par exemple, et notamment de l'oral de Francais, on observe deux phases : tout d'abord, le temps passe très vite pendant la préparation du texte de JJ Rousseau qui montre son cul à Mme de Warens. Ensuite, il passe atrocement lentement quand l'examinateur vous assène ses vérités sur le champ lexical de l'exhibitionnisme. Non décidément, tout ça est bien relatif.

Le problème est que pendant longtemps, j'ai cru que tout cela ne chagrinait que l'homme, ce singe prétentieux qui pensait maitriser un temps qui en fait passe au rythme qu'il souhaite : c'est-à-dire avec la régularité froide d'un chef de gare. Et pourtant.

Il ya quelques années, en feuilletant un okapi junior, j'apprenais avec effroi que le temps pouvait passer plus vite ou plus lentement. AHHHHHHH! Le drame. Et oui, d'après ce traitre d'Einstein, le temps serait lié à l'espace. Et plus on va vite, plus le temps passe lentement (putain, c'est ambigu comme truc). En gros, si ton frère jumeau part dans une navette spatiale qui va à une vitesse proche de celle de la lumière et qu'il revient dix ans plus tard, toi (le frère jumeau du frère jumeau), tu auras dix ans de plus mais lui n'en aura peut être que 5 de plus... bon, lui, il ne se sera pas rendu compte que ca passait moins vite pour lui que pour toi...

Devant ce torchon infâme que je viens d'écrire, et que je laisserai tel quel, il faut surtout voir le fin mot de l'histoire : le monde est terriblement chiadé. Et c'est pourquoi, je ne peux imaginer que Dieu l'ait créé tout seul. Parce qu'en plus d'être doué en botanique, en anatomie, et géologie, et tout le reste, il aurait dû être sacrément balèze en physique relativiste, ce que je ne peux tolérer.


 
Mercredi 5 juillet 2006
Me vendre, voilà bien la dernière chose que je sais faire... alors les entretiens d'embauche sont pour moi une torture.
Oui, cette image est un jeu de mot pourri mais bon, je vais pas taper torture dans Google (merde, je viens de lâcher mon secret), je me ferais ficher par les renseignements de Papouasie Nouvelle-Guinée. Faudra se contenter de ça.

Je n'ai eu que très peu d'entretiens à faire dans ma vie. Si on compte les vrais de vrais, ceux qui servent à trouver un job ou un stage, je n'en ai fait que 3 ou 4. Et à chaque fois, j'ai été aussi à l'aise qu'un batonnet de colin pané (pas de marque Mnemo s'il te plait(Captaine Bigleu!!! fallait que ça sorte!)) dans la mer du Nord.

D'abord, je ne sais jamais comment m'habiller. Alors bien sûr, j'ai fait l'achat du siècle : un costume. Mon dieu mon dieu, un costume. Comment dire ce que je ressens quand je suis dans un costume? Il faudrait le demander au Papa Pinguoin. Arf, ce col qui me cisaille le cou, cette cravate qui m'étouffe, cette veste en carton, cette chemise qui me donne l'impression d'être à poil, ce futal qui ne ressemble à rien, ces chaussures qui sont aussi sexy que Maïté assise sur ses chiottes, le futal sur les chaussures (désolé pour ceux qui mangent)... non vraiment, je ne suis pas à l'aise dans un costume. Déjà que je ne suis pas naturel en jean baskets, imaginez ce que ça donne en costume.

Une fois la tenue choisie, il faut se rendre au-dit entretien. Et là, c'est toujours le même problème : je déteste arriver en retard. Du coup, je prends une demi-heure d'avance au cas où le bus n'arrive pas, puis une autre demi-heure si le RER écrase quelqu'un, un autre quart d'heure si le taxi heurte un éléphant et une dernière heure si j'ai une crevaison de semelle (cf la cité de la peur). Bref, au bout du compte, même si dans le pire des cas j'ai un accident avec l'éléphant, j'arrive 1h30 en avance et je dois poireauter. J'ai beaucoup visiter les abords des entreprises mine de rien. Et c'est moche. Dommage. Et en plus, un pinguoin qui erre autour d'un batiment, l'air de rien, c'est bizarre.

Une fois que l'entretien commence, je suis généralement très mal à l'aise pendant les premières minutes. Josiane parle, parle, me raconte la vie de l'entreprise, sa place de numéro un dans les slips en coton, les investissements sur la fibre kevlar pour les slips kangourous, le marché explosif du tanga en Chine... bref, j'en profite pour faire des exercices d'assouplissement avec mes intestins qui s'enroulent comme une chaussette dans un bac à linge.

Une fois la présentation des slips du futur terminée, c'est à moi de parler. "Bon assez parler. Présentez-vous!". Et là, c'est le drame. "Ben heu, voilà, heu... héhé... enfin..." Un vrai John Scatman (que de souvenirs). Du coup, je commence à me sentir mal, mon col se resserre encore, ma chemise sert d'éponge et mon froc de chiotte.

Celà dit, au bout de quelques minutes, je retrouve généralement tout mon entrain : je suis comme ça, une fois lancé, on ne m'arrête plus. Le problème c'est qu'il faut savoir s'arrêter. mais je suis atteint de logorhée, j'en viens à parler de mes drames de l'enfance, de cette porte qui ne ferme pas, du temps qui fait, de la famine dans le monde... bref, je déballe tout.

Remarquez, jusqu'à maintenant, je ne me plains pas : apparemment, je passe plutot bien puisque tout le monde me dit après coup que "même si [j']avais l'air timide, on sentait que [j']étais motivé". Ca fait plaisir.

Mais bon, tout ça n'était que broutille face à ce qui m'attend bientôt. L'entretien d'embauche, le vrai. Pas celui pour un stage bidon ou un job d'été. Non, celui qui me nourrira pendant quelques années, je l'espère. Et là, va falloir sortir l'artillerie lourde : assurance, dynamisme, sourire ravageur, humour fin et compétence.. bref, autant dire que je suis mal barré!

 
Mardi 4 juillet 2006
Je vais vous parler d'un truc qui fait généralement chier tout le monde mais qui me fait absolument kiffer : les pubs télé.
Et oui, pendant que certains en profitent pour faire la vidange entre deux parties d'un épisode de Maguy ou deux mi-temps d'un match de croquet, perso, j'en profite pour approfondir ma culture publicitaire. Le problème, c'est que je n'ai pas le temps de faire la pause pipi, ce qui crée des fins de films plutôt périlleuses... mais bon, ce n'est pas très classe tout ça, changeons de sujet.

Oui, j'adore la pub, je le crie tout haut, j'ai pas peur d'être décalé, je suis in, chébran... non, en fait je suis con, mais comme dit pipou, l'important, c'est de s'assumer en tant que con.

Ce que j'adore dans la publicité, c'est l'exercice de style. La figure imposé. Vendre un yaourt aux fruits en 15 secondes chrono n'est pas chose facile. Enfin si, c'était facile dans les années 50 : "Danone aux fruits, le yaourt avec un bon gout de fruits!". Et bam, c'était fini. Ben oui, à l'époque, mettre des fruits dans un yaourt, c'était la classe ultime : pas besoin d'en rajouter. Aujourd'hui, tu fais la même chose, tu te fais démonter la gueule par les yogourts perle de lait à deux couches (une fondante, une aérienne) avec 0% de matière grasse (ah oui au fait, c'est normal, y'a pas de graisse dans les yaourts, même les pas allégés) et un goût "fruits rouges des hauts plateaux du mexique cueillis par des vrais aztèques" du côté gauche du pot et un goût chocolat à droite du pot, "chocolat récolté sur un cacaotier de sibérie (va faire pousser un cacaotier en sibérie) et ramassé par des marmottes dressées pour cette tâche". Ouf. Alors les yaourts aux fruits, c'est naze.

En plus, depuis le temps, tout a déjà été fait... enfin presque.Mais c'est justement là que ça devient terrible. Il faut trouver cette foutue idée géniale, originale, celle que les connards d'en face n'ont pas eu (oui, le monde de la pub est un monde de requins).

Au final, tout cela donne parfois de la merde en boîte. Le meilleur exemple : les pubs pour velouté fruix. C'est à se pendre avec une corde en fil de paupiette... Remarquez, la tâche n'était pas facile à la base : il fallait quand même réussir à rendre attrayant un truc qui existait déjà depuis trente ans : les yaourts aux fruits sans morceaux. Mais quand même, de là à faire cette daube, il y avait un gouffre que Danone a franchi on ne sait trop comment.

Mais parfois, cela donne de jolis petits moments de détente télévisuelle. Des petits rires, des petits gloussements, des "oh", des "ah" (oui je sais, je discute beaucoup avec mon poste)... et puis, le format est adapté à l'explosion, à l'absence d'ennui. C'est sans doute cela qui me plait le plus. Vu que je suis incapable de tenir 1h30 devant ma télé sans bouger, la pub devient un format rêvé : 30 seconde d'attention, aucune réflexion sur la durée. Bref, c'est fait pour moi.

Si bien qu'un jour, j'ai même voulu devenir publicitaire. Mais bon, bien entendu, le CIO s'est empressé de briser en moi toute volonté créatrice. Mais je sens que j'aurais pu ne pas être mauvais. C'est mon truc de trouver des idées. Mais pas mon truc de les exploiter sur le long terme. J'aurais sans doute pu devenir un roi de la pub, faire rêver des milllions d'enfants devant des kinder Délice, des ménagères de moins de cinquante ans devant le nouveau Swifer. Ou pas.
Plutôt "ou pas" d'ailleurs.

Aston, et ça détonne.

 
Lundi 3 juillet 2006
Et oui, je crois que la vie, ou plutôt le jeunesse est un labyrinthe dont on ne sort qu'après ses études.
Pour moi, le labyrinthe a été assez simple. Quelques fausses routes, rien de bien méchant. Pas besoin de revenir sur mes pas, j'ai toujours retrouvé un chemin pour bifurquer et retrouver la grande avenue.

Oui, je pense que l'on n'a pas tous le même labyrinthe à résoudre. Dans le mien, il y avait comme partout, plein de directions possibles mais la bonne était un peu plus grande que les autres. J'ai pas eu à chercher beaucoup. Et puis je savais que si je bifurquais un peu, je retomberais tôt ou tard sur cette foutue voie principale.

Donc, voilà : je suis rentré dans le labyrinthe il y a de cela une vingtaine d'année. Depuis, je marche vers la sortie. Ce n'est pas trop dur, il suffisait d'avoir un peu de courage pour y arriver. 20 ans de marche, c'est long, mais faisable.

Donc voilà, j'ai toujours eu envie de sortir de ce foutu labyrinthe qui m'empêche de voir autour de moi et au moment d'entrevoir la porte de sortie, le doute s'empart de moi. Un peu comme un Sisyphe à deux jours de la fin de soulever le même caillou tous les jours. Oui, un doute m'étreint : crediou de nom, qu'est-ce qu'il y a derrière ce mur?

Bien sûr, on m'en a beaucoup parlé ("tu vas voir, y'a pas de murs, c'est génial"), j'ai vu des reportages à la télé, j'ai même eu le droit de le regarder vite fait par une fenêtre pour voir comment c'était.

Mais tout ça ne me dit pas comment cela se passera vraiment pour moi. Alors bien sûr, je me pose des questions : puisqu'il n'y a plus de chemin à suivre, le trouverai-je (mon chemin, ndlr)? J'ai dans l'idée de partir droit devant moi quand je sortirai de ce labyrinthe. Mais est-ce la bonne solution? Quand j'étais môme, dans Picsou Magazine, je parais toujours de la sortie pour retrouver l'entrée du labyrinthe. Mais comment fait-on quand il n'y a pas de sortie? quand il n'y a plus de labyrinthe? Juste une grande étendue?

Ben je ne sais pas. Commence ici la deuxième épreuve de ma vie. Trouver un chemin au dehors de ce labyrinthe. De toute façon, d'après ce que j'ai entendu, on retombe bien vite dans un autre labyrinthe. C'est rassurant? Je ne sais pas. Mais j'aimerai profiter un maximum de cette période intermédiaire pour aller voir ailleurs si je n'y suis pas. Un peu moins contraint par les murs, j'aimerais bien rallonger mon horizon, devenir moins formaté par les murs qui m'entourent, et profiter pour faire ce que je n'ai jamais vraiment su faire : m'éloigner de la bonne route.

Il y a du boulot, c'est sûr. On ne change pas comme ça, simplement en le voulant. Mais il faut bien forcer le destin. En attendant, il me reste quelques mètres à faire dans ce labyrinthe, il faut en profiter un peu.
 
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