Vendredi 30 juin 2006
Comme tout le monde je crois, j'aime rencontrer de nouvelles personnes. Ca ne veut pas dire que ça ne me fait pas flipper ou que cela ne me met pas mal à l'aise mais j'aime la nouveauté sociale.
Et oui, ça peut paraître bizarre, mais l'un des plus grands timides que la Terre ait jamais porté aime bien la société. D'ailleurs, c'est peut être ça le problème des timides : ils aiment trop la société pour oser la déranger. Mais cela est un autre sujet.

Ce que j'ai toujours aimé, ce sont les débuts d'année à l'école quand je changeais de classe : collège, lycée, études supérieures... à chaque fois, j'avais hâte de voir avec qui j'allais me fourrer.

Au début de l'année, c'est toujours la même chose : il y a les premières impressions à froid (pas comme l'huile (attention, celui qui trouve le jeu de mot gagne... ce qu'il veut!)) qui seront souvent démenties quelques semaines plus tard.

Car oui, tout cette période que l'on pourrait qualifier de "parade amicale" (un peu comme un paon mais sans la queue... mouais, mauvaise image) dure très longtemps chez moi. Il y a des gens que je considère comme des extra-terrestres qui se lient d'amitié en 2 jours, font comme s'ils avaient toujours été ensemble... perso, quand je vois ça, j'ouvre mes grands yeux bleus (j'essaie de le caser souvent, c'est pour vous faire rêver un peu) et je me demande comment ils font. Parce que moi au début, je suis un peu Rémi sans famille. Sauf que je ne m'appelle même pas Rémi. Le nul.

Mais ensuite, au bout de quelques semaines donc, je me jette à l'eau et je commence à parler aux gens. Et là, je prends mon pied.

Lorsque l'on rencontre quelqu'un, on peut ressortir toute la culture sociale que l'on s'est construite au fil des ans... et notamment les blagues. Ces blagues qui ne font plus rire nos anciens amis deviennent des vrais blagues Carlossiennes (l'humoriste, pas le terrroriste (tiens, je me demande si mes jeunes lecteurs connaissent les deux Carlos... je vous ai mis une photo)). Et là, je suis a l'aise.

Le mieux du mieux, c'est quand même lorsque l'on trouve une personne qui a le même humour, les mêmes références. Là, c'est le pied absolu. J'arrive toujours à en trouver un qui devient ensuite mon meilleur ami pour la vie. Ce qui fait que j'ai plein de meilleurs amis pour la vie. Le père Noël est plutôt cool avec moi. Du coup, c'est blagounette sur blagounette.

Ce qui fait que j'ai souvent été le mec qui se poile au fond de la classe. Et oui, j'aime bien être au fond de la classe : on peut jouer au sudoku, se mettre à côté du radiateur en hiver, discuter peinard... mais ce n'est pas le sujet (dites moi, que de digressions). Donc oui, je suis un pro pour me faire des amis qui me font rire et c'est bien là le bonheur de ma vie scolaire : je ne me suis que très rarement ennuyé en cours, j'ai toujours un demi-frère pour faire le con avec moi.

Tout ça pour dire que je ne retournerai sans doute jamais sur les bancs de l'école et que les prochaines personnes que je rencontrerais seront des collègues de travail. A mon dernier stage, j'avais trouvé de bons amis, il nous est arrivé de picoler et délirer ensemble, c'était très agréable. Mais je me demande si cela va continuer. La tendance de l'entreprise, d'après mon expérience, c'est quand même de s'y faire chier. Et un humour Pouet-pouet-badaboum comme le mien passe souvent mal.

Donc, je prie le seigneur qui n'existe pas pour qu'il me file des collègues joviaux, avec plein d'humour à l'intérieur et aussi une grande dose de je-me-prends-pas-la-tête-isme. Voilà, dieu, je ne t'ai pas demandé grand chose : pour une fois, fais ton taf!

 
Par aston - Publié dans : Nostalgie
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Jeudi 29 juin 2006
Jusque très tard dans ma vie, je n'avais jamais déménagé. Il y avait ma maison. Point. Depuis quelques années pourtant, j'ai enchaîné les domiciles....
Je suis parti de chez moi un beau matin de septembre 2000. La fleur au fusil, je quittais mes parents pour aller faire mes études "à la grand'ville". Si on m'avait dit que je ne reviendrais jamais vraiment chez moi... Ce premier déménagement fut le déclencheur d'une lonnnnnnnngue série de déménagements : 10 en 5 ans. Quand on avait pas l'habitude, ça fait bizarre!

Etrangement, ça fait 6 ans que je ne me suis plus senti chez moi. Même aujourd'hui, je n'arrive toujours pas à me sentir chez moi. Il y a plusieurs raisons à cela :
- la durée : parfois, je suis resté 3 mois... ça aide pas à se sentir chez soi,
- l'internat : y'a pas à dire, l'internat, c'est pas chez soi!
- la collocation : peut-on se sentir vraiment chez soi si on ne peut pas se balader le sboub à l'air?
- une certaine crise d'adolescence que j'ai tendance à faire très tardivement...

Cependant, même si cette situation a ses défauts, l'absence de domicile m'a toujours procuré une immense sensation de liberté. Je suis "un chevalier solitaire dans un monde dangereux" (c)K2000 : j'aime bien ne pas me sentir attaché à quoique ce soit. Et le fait de ne pas être attaché à un domicile est assez libérateur (posez la question à votre escargot préféré).

Mais bientôt, il va être temps d'arrêter les conneries de jeunesse et je vais devoir poser un peu mes fesses (bien fermes je précise). Et il faut bien l'avouer, je flippe. Je flippe de me poser quelque part et d'y être lié. J'ai peur de ne pas avoir d'échéance. Voilà, c'est ça que j'aime dans ma situation : les échéances à moyen terme. Dans N mois, je sais que je partirai. Dans N mois, ma vie va se renouveler. Alors que là, je n'aurai plus cette certitude de l'incertitude (c'est beau ce que je dis...). Et je me chie dessus.

En fait, j'ai une peur bleue de moisir. Autant je n'ai pas peur de mourir, autant j'ai peur de perdre mon temps.

Alors voilà, la dernière échéance est pour bientôt : après, le gouffre de la certitude. Je vais voir si je vais avoir le courage d'y sauter. La solution est peut être d'y sauter à deux, en se tenant la main.

Par aston - Publié dans : A l'intérieur du dedans
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Mercredi 28 juin 2006
Je pourrais faire semblant que ça va. Mais en fait, je suis super mauvais acteur et il n'y a qu'à regarder la teneur en blagues de mes notes précédentes pour voir à quel point je n'ai pas la pêche.
Pour résumer, je suis en période de "dernière ligne droite" comme disent les anciens. Il faut tout boucler avant de "plier les gaules" (ça, c'est plutôt mon père qui le dit). Du coup, un peu énormément de boulot, des collègues qui ne jouent pas tous le rôle d'allié fidèle, une bonne dose de solitude et ça vous fait un Aston pas très en forme : j'ai perdu mon beau pelage luisant, je n'ai plus l'oeil vif et pétillant, je ne remue plus de la queue (c'est pour l'image bien sûr), je ne mange plus ma pâtée avec le même entrain... On pourrait croire que je vais crever comme un vieux cabot pourri et pourtant.

Et pourtant, j'aime bien ce genre de période. Car au final, tout est accentué dans ces moments là. Les mauvais mais aussi les bons.

Et ça faisait un sacré moment que je n'avais pas autant rigolé. Ca sort tout seul, les blagues de merde fusent, font parfois rire les autres, me font souvent rire moi (c'est sans doute le principal). Alors de l'extérieur, j'ai l'air d'un maniaco-dépressif alternant la plus grande déprime et l'exaltation la plus complète. Mais au point où j'en suis, je m'en branle un peu, il faut bien l'avouer.

Assez étrangement, sur ce blog, ne transparait que la partie fatiguée du personnage. C'est sans doute parce que l'écriture a tendance à "lisser" les attitudes et que la fatigue est quand même prépondérante.

Mais je ne me fais pas trop de souci. Très prochainemeent, la soupape va s'ouvrir et je vais pouvoir laisser tout échapper. Et comme dirait un acteur compensant son manque de talent par son tour de biceps : "I'll be back"

Par aston - Publié dans : Vie du blog
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Mardi 27 juin 2006
Je m'ai toujours posé une question (promis, j'arrête avec les fautres d'auxilliaire): comment en arrive-t-on a trompé la personne que l'on a aimé ou que l'on aime?
En fait, je comprends toujours assez bien les raisons qui poussent à tromper son conjoint : routine sexuelle, routine sentimentale, besoin de nouveauté, d'aventure, nouvel amour, etc... Oui, je comprends. A vrai dire, tout le monde comprend les raisons. Enfin je crois.

Ce que je comprends beaucoup moins, c'est pourquoi on en arrive à tromper quelqu'un dans les faits et comment on arrive à s'en accomoder au quotidien.

Personnellement, j'ai une telle "rigueur" morale que je en peux même pas imaginer tenter quoique ce soit. Dans la rue, et même si "ce n'est pas parce que l'on est au régime que l'on n'a pas le droit de regarder le menu", je me sens déjà coupable de regarder ailleurs. Et non, ma copine n'est pas jalouse. C'est juste cette petite voix au fond de moi qui me dit : "sale pervers, t'as tout ce dont tu rêves et tu reluques la première venue. Le porc le porc le porc le porc!". Oui, ma petite voix est comme ça : assez directe.

En fait, l'idée même de tromper me désespère : si je me suis engagé avec quelqu'un, ce n'est pas pour être avec une autre en même temps (on passera le débat sur la monogamie, on prendra ça comme une hypothèse de départ). Pour moi donc, tromper est impossible : si je suis attiré par quelqu'un d'autre, je serai obligé de quitter d'abord la personne avec qui je suis. Et s'il venait à survenir le drame avant d'avoir rompu, je romprais dans la minute qui suit.

J'ai beaucoup entendu de témoignages sur le sujet. Et à chaque fois, ce qui me frappe, c'est l'égoïsme des réflexions : "non mais mon homme, je l'aime quand même. Ce n'est pas le problème", "non mais j'ai une maîtresse, mais c'est juste physique". Alors oui, on peut fonctionner comme ça mais honnêtement, je ne conçois pas d'aimer quelqu'un sincèrement tout en lui mentant honteusement tous les jours : dire dans le même souffle "ma puce, je pars faire un tennis avec Brigitte" et "Je t'aime" avec la même sincérité me dépasse totalement.

Vraiment, ce qui me gêne dans le fait de tromper son conjoint, c'est le procédé "le beurre, l'argent du beurre et le cul de la laitière" matiné d'enfantillage "pas vu, pas pris".

Si quelque chose ne va pas, ayons au moins les couilles d'en parler entre adultes. Et si on a des besoins qui dépassent ceux du couple, et ben on en parle aussi.

Voilà, c'est un peu le coup de gueule du Aston qui comprend assez peu ses congénères.
Par aston - Publié dans : Vieux con
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Lundi 26 juin 2006
On dit souvent que la vie est une succession de choix. Je me demande si ce n'est pas une énorme connerie en fait.
En fait, ce qui me pose problème, ce n'est pas tant le choix en lui-même mais plutôt l'effet de ce choix. Cette lutte intestine entre le flop et l'effet papillon.

Analysons une situation. Je trouve 5 centimes d'euros par terre. Ceci représente la modique somme de 33 centimes de francs et des brouettes. Ce n'est pas rien mais de toute façon, pour 100 balles, t'as plus rien. Là, deux possibilités :
- ces 5 centimes viennent compléter une somme de 1.95 euros en pièce de 1 centimes. Plutôt que de les donner à Bernadette Chirac, on garde les petites piécettes et on s'achète un millionnaire. Là, trois TV, les cris de joie, la fortune, le sexe, la drogue et le rock and roll.
- ces 5 centimes, vous les mettez dans votre poche de jean. Celle-ci est percée. La pièce retombe par terre sans que vous vous en rendiez compte.
Attention, mystification : mêmes causes, pas mêmes effets.

Et bien, je me demande si finalement, nos choix ne sont pas qu'une illusion parfois. Et si finalement, tout ce qui nous arrive était inévitable?

Loin de moi l'idée de dire qu'il existe un destin. Cette idée est assez drôle en fait. J'imagine assez bien Dieu rédiger d'inombrables rédactions sur la vie pourrie de Jean-Claude, celle banale de Brigitte et celle insignifiante de Marc. Des tonnes et des tonnes de rédacs, assez précises pour guider l'homme tout au long de sa vie. Et quand Dieu n'a plus d'inspiration, hop, le coup du camion et du passage piéton.

Non, il n'y a pas de destin mais peut être une pente que l'on ne peut guère infléchir. Tout au plus peut-on éviter trois ou quatre cailloux dans la descente mais guère plus.

Alors, voilà, je suis là, le regard vitreux et je me demande quels choix ont vraiment changé le cours de ma vie. Et j'avoue que je n'en vois pas beaucoup. Enfin si, j'en vois, mais je me demande si de toute façon, je n'en serais finalement pas là aujourd'hui, à vous parler d'un truc soporifique.

Non, vraiment, l'équilibre du monde est quelque chose qui me turlupine drôlement le ciboulo.


Ce soir, un mec que je suis censé détester selon mes critères de goût. Et pourtant.
Par aston - Publié dans : A l'intérieur du dedans
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