Dimanche 25 février 2007

Pour des raisons sur lesquelles j'essaierai de ne pas m'étendre (bien que ça me titille le cerveau je l'avoue), je voudrais parler de ce qui me permet aujourd'hui de me sortir d'un état quelque peu mélancolique : la zikmu. Charly, c'est à toi. 

Mais, contrairement à la moitié de la planète, je ne vais pas parler de musique en me la pétant parce que je n'en ai strictement pas les moyens. J'ai vraiment découvert la musique très tard (genre 14/15 ans), j'ai jamais su jouer d'un instrument (4 malheureuses années de flûte à rater mes DO, vous savez celui qu'il faut faire avec le petit doigt et que ça bouche pas bien et que ça fait truuuurttriiir au lieu d'un beau tuuuuuuuuuu), j'ai d'ailleurs jamais appris (à part à me débrouiller en flûte), je ne reconnais pas la beauté transcendante du pipo andin, je ne connais absolument aucun groupe underground, je n'ai même pas eu de "période" beatles... c'est dire si je suis un has been, un trouduc, une sorte de merde odorante pour le commun des mortels. Car il faut bien l'avouer, ne pas si connaître en musique de nos jours, c'est comme ne pas avoir de portable : c'est possible mais mal vu par la société. Et donc, je fais partie de ces merdes.

Notez d'ailleurs que je suis parfois content de ne pas m'y connaitre. Déjà, j'ai découvert des merveilles très tard, j'avais les oreilles vierges et surtout j'étais assez mûre pour les apprécier. Et puis surtout, oui surtout, je ne suis pas blasé. Ô miracle de notre société moderne, j'arrive à apprécier la musique. Car grosso modo, ce que je retiens de tout ça, c'est que ceux qui disent s'y connaitre ont quelques manies très irritantes :
- tout d'abord, ils détestent ce que tout le monde adore. Si tout le monde aime, c'est que c'est de la merde. Dans le nombre point de salut : ce dernier viendra de la rareté, du groupe déniché du fin fond d'une cave minable de la banlieue londonienne. Au passage d'ailleurs, ces mêmes aficionados de la musique n'hésiteront pas à descendre leurs idoles quand ces dernières seront devenues connues. Mais passons sur ce détail.
- d'autre part, ils ont cette tendance à critiquer les goûts de tout le monde. "oh putain le naze, il écoute Sacha Distel". Bon d'accord, c'est un mauvais exemple, les scoubidous, tout ça.. passons. Mais bon, vous voyez le concept. Rien de tel que de critiquer le meilleur groupe du moment pour passer pour le mec le plus pointu de la terre question musique.
- enfin, un vrai fan de musique n'aime en fait aucun artiste. En fait, il tolère quelques groupes pour ses douces oreilles si parfaites. "ouais, à la limite, j'écoute les libertines mais pas trop quand même". C'est con mais c'est ainsi, le fan de musique n'aime pas la musique.
- ah si, un dernier truc, le fan de musique adore des trucs insignifiants. "ouais là tu vas voir, le passage au triangle en arrière fond est mortel.... t'as entendu ça, ça déchire!". Ou alors, il sait apprécier la technique : "t'as vu ce passage! C'est moche mais c'est super balèze à faire, j'adore".

Donc voilà, je déteste parler de musique parce que je passe pour un con, j'ai envie de foutre des baffes, je fais de la tension, je deviens tout rouge et je passe pour un mec facilement vexable. Donc, je ne vous dirai pas mes goûts, sinon, ca va pas manquer. Mais je vois que je m'égare, revenons en à nos scarabées.

La musique m'a donc beaucoup aidé à remonter la pente en cette période de sombres pensées. Alors la musique, je la remercie, je lui fait des bises et la serre chaleureusment dans mes bras d'adolescent asmatique.

Prochain étape : trouver la force de redevenir un peu drôle. Si la musique n'y suffit pas, il restera toujours l'alcool et la drogue.

Par aston - Publié dans : A l'intérieur du dedans
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