Toi aussi lecteur, mets tes écouteurs et écoute la musique en lisant.
La nature humaine est ainsi faite : l'homme croit toujours que l'herbe est plus verte ailleurs. Et là, je me suis encore fait eu comme un lapin de six semaines. Je vais donc vous raconter ma nouvelle vie d'automobiliste. Vroum, hiiiiiiiiiiiiinnnnnnnn, hiiiiiiiiinnnnn, criririrriiririririririirir! Ouah, quel formidable bruitage de course poursuite!
Etant petit, j'ai tout essayé au niveau transport pour aller au taf ou à l'école.
Au début, c'était mon popa qui m'y emmenait. Ce furent mes plus belles années de transport. Je me rappelle encore dans la partie arrière de cette 2CV version utilitaire qu'il avait récupéré à la poste... ah la la, ce bon vieux temps. Mon frère et moi, on était pas attachés et quand on croisait les flics, mon père nous disait de nous jeter à terre pour ne pas se faire choper. Le rêve pour le fan de cascades que j'étais. Mais surtout, dans ce transport, je ne perdais pas mon temps et personne ne m'emmerdait. A part mon frère qui me tabassait gentiment. Finalement, c'était peut être pas aussi idyllique que ça...
Ensuite, je grandis. Et je devins plus responsable. Et mon père plus fainéant. J'allais donc devoir aller à l'école à pattes. Là déjà, j'étais moins fan. A l'époque, je n'étais pas encore accro à la marche à pied et ma passion des automobiles se voyait contrariée. Chienne de vie : 500 m à pied, c'est le bagne.
Ensuite vint la grande et belle période de ma vie en bus... que du bonheur. 2500 enfants dans un bus 12 places, des cartables 3 fois plus larges que nos épaules et 3 fois plus solides que nos côtes. Des températures à vous faire crever un touareg sur-entraîné. Et surtout, une lenteur à vous rendre jaloux du Solex de votre grand père. Bref, j'ai kiffé. Passons sur cet épisode sombre et trouble de mon histoire personnelle.
Ensuite, j'ai eu la chance d'habiter à 3.21 cm de mon lieu de cours ou de boulot. Ce peton. "Merde, les cours commencent dans 2 s et je suis déjà réveillé! Fait chier de me réveiller avant l'heure".
Enfin, depuis peu, j'habite à 450 km de mon boulot. C'est la grosse merde. Le seul point positif, c'est que maintenant, j'ai ma tuture à moi, mon bolide, ma ferrari. Ok, elle fait 12 cv et ressemble à une boite de conserve mais c'est la mienne, mon joujou extra qui fait crack-boum-hu. Et puis c'est le bonheur la voiture. Tu pars quand tu veux, tu ne la rates pas, elle ne te ferme pas ses portes si t'as pas de ticket, tu pollues tranquillement tout seul dedans... Le seul problème, c'est que les routes ne sont pas des pistes et que surtout, elles sont jonchées de traîtres et de connards. Liste non-exhaustive des trous du cul qui parsèment nos belles routes de campagnes parisiennes et gâchent ma vie au quotidien :
- Le plus grand trou du cul, mon préféré, c'est Monsieur "je stagne sur la file de gauche à 70 quand c'est limité à 110". Ah la bougre. Celui-là c'est le connard qui t'empêche de rentrer chez toi à l'heure, celui t'oblige à faire des trucs pas bien par la droite, celui te fait crâmer tes ampoules de phare à force de faire des appels, celui que t'as envie de prendre par la droite et de pousser dans le rail de sécurité... fiou, ca fait du bien de se lâcher!
- le deuxième trou du cul, c'est le gars qui zigzague dans les bouchons et qui forcent pour s'insérer dans ta file à toi. Ta file qui avançait bien et qui du coup n'avance plus. Et puis ce con, il s'insère en te faisant un vieux coup de pute mais ensuite il te salue pour te remercier. Counard!
- le troisième trou du cul, je suis désolé mesdames, est en fait un trou de chatte (la classe). Généralement, elle est devant vous au feu qui reste vert 2 secondes et rouge pendant 10 minutes. Si tout se passe bien, les deux voitures peuvent passer au vert, si personne ne se troue et accélère raisonnablement au passage du feu vert. Sauf que Madame Jennifer est en train de se remaquiller pour son rencard du soir, qu'elle ne se rend pas compte que le feu passe au vert et, quand elle s'en rend compte, cale comme une grosse bouse qui n'aurait aps eu assez de ses 75 heures de conduite. Après deux essais, elle réussit enfin à démarrer quand elle passe lentement au orange et vous laisse vous échouer lamentablement sur ce feu d'un rouge désespérant... pétasse.
- le quatrième candidat est Mr Raymond, retraitré de 154 ans. Raymond ne prend sa voiture qu'une fois par jour. Aux heures de pointe. Pour faire chier le plus de monde possible. Raymond est très vieux et donc mesure seulement 1m32. Par conséquent, ce vieux crouton ne dépasse pas au dessus du volant de sa 4L certes vieille mais impeccable vu qu'il fait 10 km par an avec. Comme il ne voit pas, Raymond roule à 2 km/h à cheval sur deux voies de l'autoroute, crée des bouchons et retarde les gentils travailleurs qui lui paient sa retraite de militaire increvable. Mr Raymond est bien sûr attendrissant avec sa jambe de bois et son oeil de verre. Mais Mr Raymond, on le déteste quand même parce qu'il nous empêche d'arriver à l'heure pour Friends.
Je pourrais aussi vous parler des agriculteurs qui estiment que faire un tour de tracteur à 19h sur l'A86 est véritablement revigorant, je pourrais vous parler des PDG qui vous collent le cul avec leur BMW parce que vous roulez seulement à 130 en ville ou des cons qui se paient le luxe de tomber en panne d'essence et de s'arrêter au milieu de la route mais non... je m'arrêtrai là, j'ai de la tension et ma cannette de taillefine fizz ne va pas résister longtemps.
Allez, plus que 50 ans...
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