Malédiccionne!

Lundi 15 mai 2006
On appelle ça la malchance, la pouasse, le manque de bol, de pot, de choune, de chagatte. Moi, j'appelle ça le syndrôme de la tartine de confiture.

Tout bon tartineur sait qu'une tartine tombe toujours sur le côté beurré et/ou confituré et/ou mielé et/ou margariné et/ou nutellé. C'est un constat, une conjecture, un état de fait... bref, c'est la merde. Par exemple, par opposition, on peut être sûr que cette tartine photographiée a été posée sur le sol et qu'elle n'est pas tombée car sinon, les myrtilles auraient fait la connaissance des lattes en pin du plancher.

Le problème n'est pas tant la tartine. S'il n'y avait qu'elle, le monde vivrait des jours paisibles. Non, le problème, ce sont les extensions du syndrôme de la tartine. C'est le but de cette petite catégorie. Parler des malédictions et autres châtiments que la vie nous inflige. Sadiquement.

Aujourd'hui, nous commencerons par la file d'attente à la caisse du mamouth.

Tout le monde a fait la queue à la caisse une fois dans sa vie. Si ce n'est pas le cas :
- soit vous êtes pétés de thunes et c'est votre bonne qui fait les courses. Pensez à elle en lisant l'article.
- soit vous avez 5 ans et vous devriez être couché à cette heure-ci. Allez oust!
Tout le monde sait donc de quoi je veux parler. Je veux parler :

- de Jeanine. Cette pauvre vieille femme a 85 ans et pas toutes ses dents. Elle est bossue, elle boite et a un oeil de verre. Malgré toutes ces qualités qui la rendent sympathique, Jeanine est une sale connasse qui fait ses courses à 18h alors qu'elle a toute la journée pour les faire. On pourrait se dire qu'elle a envie de gouter au contact de ses congénères. Que nenni. Jeanine râle, est agacée par cette foule, suffoque et finit par gratter les 20 personnes qui attendent là depuis 1 heure, à la caisse 20. "Pardon, je suis vieille et malade. Laissez-moi passer. Rho la la, laissez moi passer bon sang". Oui, Jeanine refait le même coup toutes les semaines : elle est donc habituée et ne daigne même plus demander la permission. Un jour, Jeanine, je lui briserai sa jambe de bois.

- de Kevin et Steven. Ces deux personnes sont en fait deux adolescents. On le sait parce que Kevin et Steven étaient des noms à la mode dans les années 90, les années Beverly Hills. Comme ils sont jeunes et cools, ces deux p'tits cons se nourrissent uniquement de chipsters, curly, de coca et de vodka au bon goût de bonbon. Malheureusement, Kevin et Steven sont fauchés et n'ont réussi qu'à piquer la monnaie du pain depuis trois mois. Du coup, ils payent en pièce de 1 centime. Au final, la caissière a refait son fond de caisse et ma glace Miko a fondu dans le fond de mon sac plastique. Un jour, Kevin et Steven, je les dénoncerai à l'opération Pièces jaunes.

- de Brigitte. Brigitte est une maman débordée. Elle a réussi tant bien que mal à faire ses courses avec ses trois chiards qui dévastent tout dans le magasin. Patrick, son mari, est resté à la maison pour lire Tuning magazine, ce qui ne facilite pas les choses. Donc, Brigitte a fini ses courses. Les enfants n'ont réussi à mettre que 3 poupées Barbie et 4 camions de pompier discrètement. C'est bien. Après trois heures de lutte, après avoir passé les 289 articles, le compteur affiche 178.56€. Brigitte souffle : c'est pas ce mois-ci qu'elle ira en thalasso. Mais bon faut bien payer... D'ailleurs... en parlant de payer, où ai-je mis mon chéquier? Et ma carte de crédit?... putain, elle est restée dans la 205 GTI Turbo/4x4/Intercooler/Jantes alu rose bonbon de Patrick. Et oui, c'est vrai, il s'est acheté une nouvelle queue de renard ce week end... pfff... Au final, Brigitte est obligée d'appeler Patrick qui arrivera 20 minutes plus tard avec son chéquier. Et mes patates congelées auront définitivement rendu l'âme. Prions pour elles. Un jour, je ne casserai pas la gueule de Brigitte mais celle de Patrick. Une queue de renard, c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres.

- de Nadine. Nadine n'est pas une cliente. Nadine est une vendeuse. Une nouvelle hôtesse d'accueil. Elle sait passer les articles sur le lecteur. Bip.... Bip.... .... Bip.... Bip.... Par contre, elle ne sait pas trop faire autre chose encore. Du coup, quand elle vous demande si vous voulez bénéficier de votre super cagnotte de 2.30€ et que vous dites oui, elle appuie sur la mauvaise touche. Et là, c'est le drame. Impossible de revenir en arrière. Et là, le verdict tombe : "il va falloir tout recommencer". Tiens, je ne me rappelais pas avoir pris de la moutarde et pourtant je la sens monter. Mais en bon gentleman, on se retient, on brise discrètement le crayon papier que l'on avait dans la poche et on sourit. Et c'est reparti. Les patates croyaient avoir survécu aujourd'hui. Le coup est encore plus dur. Adieu les pommes rissolées. Jamais vous n'accomplirez votre mission d'accompagner mes escalopes de poulet. Un jour, je me rappellerai qu'il ne faut pas aller à la caisse de la jolie Nadine. Il faut toujours aller à la caisse de Bertha, la caissière de 50 ans et 150 kilos. Moche mais efficace.

- de Malavida. Malavida est une jeune femme proche de ses sous : normal, elle est étudiante ou vient juste de sortir de l'école. Toute auréolée de son diplôme, elle vadrouille donc dans le mamouth à la recherche de knackis, de purée "pom'lisse', de pâtes Eco+ et de bolognaise "pouce". Ses courses ont été rapides car elle n'a pas les moyens d'acheter grand chose. Arrivée à la caisse, elle dispose de ce que l'on pourrait appeler "capital temps" supérieur à celui de ses congénères consommateurs : en gros, il lui reste de la patience. C'est pourquoi, quand vient le moment de payer, elle n'hésite pas à dégainer ses tickets de réductions "2 saucisses pour le prix d'1!!!!", ses autocollants "-0.40€!!!!", sa carte fidélité "mamouth écrase les prix!!!!" (c'est fou l'encre consommée pour les points d'exclamation)et ses divers bons de réduction découpés de ci de là dans Marie Claire, Jeune et Jolie ou Elle. Au bout de 25 minutes, quand la caissière a bien vérifié que le bon de réduction "légumes" s'appliquait bien au sac de tomates, elle triomphe en écoutant la caissière annoncer : "cela vous fait 68 centimes d'économie. Donc, vous devez 49 euros 35". Et oui, tout ça pour moins de 2% d'économie. "Oui mais au final...". Un jour, je lui filerai 1 euro avant qu'elle ouvre son porte feuille.

- d'Aston. Tiens mais c'est moi. Mais oui, c'est moi. Pourquoi? Parce qu'il faut rappeler que l'on parle du syndrôme de la tartine. Et qu'il faut bien que quelqu'un laisse tomber cette foutue tartine : moi. A la caisse, cela se traduit souvent par : "y'a pas le code barre sur votre tube de vaseline" ou "vous avez oublier de peser vos concombres" (ne voyez aucun rapport entre les deux, tout ca n'est que pure fiction). Bref, vous êtes à la mauvaise place : celle de celui qu'une file entière déteste. Au final, plutôt que de subir les foudres de la file, vous abandonnez lâchement vos concombres ou votre vaseline sur un coin de la caisse, entre les chewing-gums et les magazines télé. Un jour, je me taperai la tête contre les murs.

Bref, le syndrôme de la tartine est puissant. Il arrive à mettre à mal la grande distribution. Un long travail de sape sacrément efficace. C'est fou ce qu'on peut faire avec du pain et du beurre. Plus fort que Mc Gyver et l'agence tous risques réunis.
Par aston
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Mercredi 17 mai 2006
Comme j'ai pas l'inspiration divine ce soir, on va parler mallédiccione comme disait vito cortizone.

La boulangerie a surement été inventée à l'époque de Murphy. Car c'est dans ce lieu d'apparence festive et gourmande que se jouent les pires malédictions... Attention, si vous êtes encore prépubères, ne lisez pas ça, vous pourriez être choqués.

- Aston et la baguette perdue. Quand je vais à la boulangerie, il manque toujours ce que je veux acheter : ma baguette, ma flûte Paul (oui, je suis un bourgeois de la boulangerie), mes deux pains au chocolat, mon chausson aux pommes. Généralement, la boulangère me dit : "non, on en a plus. Vous voulez un pain de seigle à la place"... généralement, j'essaie tant bien que mal de garder mon calme... 'si tu savais où tu peux te les fourrer ton seigle dégueux...'. Putain mais merde, est-ce que je suis un lapin ou une poule ou un âne ou n'importe quel énergumène de l'arche de Noé? Le seigle, c'est pour les animaux. Moi je suis un être humain : je veux ma baguette avec du bon blé doré au soleil, moulu par un moulin à vent (enfin, c'est ce qu'ils disent...) et cuit au four industriel pendant 2 millisecondes à 4500°C. Et bien non, la boulangère veut toujours me refiler ses vieilles miches dont personne ne veut. Pff...

- Aston et la baguette ratée de peu. Quand j'ai été échaudé par la première situation, je retiens la leçon et je file le lendemain à la boulangerie très tôt le matin... vers 12h30. Et là, je me dis : "ah ah, je suis un gros malin". Et en effet, quand j'arrive, madame la baguette trône derrière madame la boulangère, fière, élancée, pointant le ciel comme pour indiquer le futur de l'homme : en l'occurence, mon petit déjeuner. Je suis tellement heureux que je laisse passer le client devant moi. Et là, erreur fatale : le client que je viens de laisser passer me dérobe cette baguette qui m'était promise à coup de pièces jaunes. En plus ce conard s'exclame "quelle chance, c'était la dernière!"... Le coup est rude. Je mangerais encore des biscottes ce matin...

- Aston et la baguette moisie. Le père Aston, on la lui fait pas deux fois. Alors après avoir essuyé deux échecs, il décide de se lever radicalement plus tôt. Il est donc 9h quand... ah non, 12h25 quand je sors de chez moi le lendemain. J'arrive à la boulangerie. Je regarde avant d'entrer. J'y vois tout un tas de baguettes. Et pas un client. Mais je ne crie pas victoire trop vite. Le douloureux souvenir est encore présent dans ma mémoire. Pourtant, tout se passe bien et j'acquière enfin ma baguette pour la maudique somme de 0.83€. Diantre, que la vie est devenue chère. J'arrive chez moi. Je prépare mon bol de Nesquick. Et je commence à couper ma baguette quand... quand mon couteau perd toutes ses dents au contact de la miche maudite : "putain, elle date de 10 jours cette baguette, même les lapins s'y pèteraient les quenottes!". Je décide donc de jeter la miche. Ah non, finalement je la garde. Je pourrais toujours m'en servir comme batte de base-ball.

- Aston et la connasse de vieille. Vous vous rappelez Jeanine. La boiteuse du mamouth. Et ben elle achète son pain dans la même boulangerie que moi : grrr! Et v'là ti pas qu'elle essaie de me griller la politesse au moment où j'achète des délicieux pains au chocolat. Là, je suis décidé à raccourcir la vie de cette vieille peau de Jeanine. Je crochette donc délicatement sa canne. Mais au lieu de trébucher, cette conasse plante sa canne sur mon orteil cassé!!!! Crrkkrkkrkkrkrk!! La larmichette coule délicatement contre ma joue dans un silence de mort. Et je m'enfuis encore de cette boulangerie maudite...

Le monde est ainsi fait que je ne pourrai jamais manger de pain. C'est comme ça, c'est la vie. Ou alors, je me transforme en lapin pour ingurgiter des vieilles baguettes et du pain de seigle. Triste sort...
Par aston
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Samedi 20 mai 2006
Dans notre grande série des "Régis", on va aujourd'hui faire la connaissance de "Régis prend le train".
Au commencement, il y avait deux êtres : Adam et Eve. Et puis un jour, Eve a pris la place d'Adam dans le train, ce qui a beaucoup énervé dieu. Celui-ci a alors décidé de punir Adam et Eve. La suite, on la connait...

Plusieurs situations font qu'un voyage en train peut très mal se passer :

- Un gros porc vient s'asseoir à vos côtés : alors que vous êtes installé près de la fenêtre, vous voyez passer plein de jeunes femmes charmantes. Vous espérez secrètement qu'elles viendront s'asseoir à côté de vous quand soudain, sorti de nulle part, un gros porc s'écroule sur le siège libre, vous pousse et ne vous dis pas pardon. Au bout de quelques millisecondes, votre nez envoie un message d'urgence à votre cerveau : "odeur de rat crevé, odeur de rat crevé!". Et oui, le porc sent le bouc. Encore une manipulation génétique. Après le départ du train, le porc s'endort généralement rapidement. Et ronfle tout aussi rapidement et fortement. Parfois, il vous gratifie même d'une petite reniflade nasale qui vous met le baume au coeur. Dans les meilleurs cas, il ouvre la bouche et la bave dégouline tranquillement sur son marcel tout gras. Miam. Avantage : pas besoin de se ruiner  la voiture bar, vous n'avez vraiment plus faim.

- Une mamy fort sympathique s'installe à côté de vous. Pour être super sympa, vous l'aidez à mettre sa valise (remplie de briques, j'en suis sur)  sur la plaquette au dessus de vos têtes. Erreur fatale. Vous êtes devenu son meilleur ami, son compagnon de causette : et bla bla bla, mon petit-fils est militaire... bla bla bla, je vais dans le sud voir ma fille... bla bla bla, j'ai terriblement mal à mes varices, bla bla bla, vous n'êtes pas comme tous ces jeunes cons. Bref, la petite sieste que vous aviez tant méritée vous passe sous le nez. Pourtant, c'est pas l'envie qui vous manque : la mamy est terriblement soporifique. Mais que voulez-vous, vous êtes devenu son héros, ne la décevez pas!

- Un petit con s'installe à côté de vous. Il s'installe, le balladeur sur les oreilles. Le son est si fort que vous entendez M. Pokora comme si vous étiez à un concert de ce Grand Môôôssieur de la chanson française. Puis, place à la techno : machina espagnole, techno "bipbipbip" italienne à la Eiffel 65, techno brutale allemande, techno disco française. Tous les boum boum y passeent. Pendant tout le voyage, vous avez une seule question en tête : si j'entends aussi bien que ça, que doit-il entendre lui? Plus grand chose je pense. Puis celui-ci se met à feuilleter un Tuning Magazine. Tiens, étonnant, on met même des néons sous la voiture. Bref, vu que vous critiquez les "jeunes cons", vous vous rendez compte que vous avez sacrément vieilli... et que c'est pas plus mal!

- Vous vous installez à la place de quelqu'un. On a toujours une bonne raison de s'installer à la place de quelqu'un d'autre : quelqu'un est déjà à notre place, on ne voulait pas être serré car il y avait de la place dans le wagon. Entre habitués du tchoutchou, tout se passe plutôt bien. Mais souvent, un occasionnel monte dans une gare paumée et vient vous voir d'un air effaré :
- C'est ma place.
- Oui, je sais, je m'y suis mis parce qu'il n'y avait personne. Mais la mienne est juste là, ça vous dérange pas d'y aller. Je suis déjà installé et...
- C'est ma place.
- J'entends bien mais là c'est la mienne, vous pouvez vous y installer comme ça on ne dérangera personne.
- C'est ma place.
- Visiblement, t'es pas réveillé.
- C'est ma place.
- Ok, je change.
- C'est ma place.
- Et ben, t'as un vocabulaire limité mon pauvre.
- C'est ma place.
Bref, rien ne sert de discuter. Le compromis est une chose trèèèèèès difficile à avoir dans un train! Donc vous vous levez, vous ramassez vos affaires, vous allez déloger celui qui était à votre place. Celui se lève, ramasse ses affaires, et va déloger celui qui était à sa place. Bref, c'est le jeu des chaises musicales. Sauf qu'il y avait autant de places que de voyageurs.

- Les téléphones portables se réveillent. Alors là, il y a plusieurs variantes de casse-couilles
    - Ceux qui laissent leur portable sur sonnerie puissance 5. Et vas-y pour une macarena toutes les 10 minutes. Heyyyyyyy, macarenaaaaaaa! La première fois, vous rigolez parce que la macarena, faut être naze pour avoir ça comme ... Heyyyyyyy, macarenaaaaaaaaaa! ... sonnerie. Bon, c'est bon là! Déjà qu'elle était soulante à l'époque cette chan... Heyyyyyyy, macarenaaaaaaaaaa! Calme toi Aston, cal... heyyyyyyy, macarenaaaaaaaa!!
    - Ceux qui laissent le bip bip des touches et qui jouent avec leur portable. A vrai dire bip, au début bip, on s'en rend bip pas trop compte bip. Mais au bout de bip trente bip minutes de bip voyage, on ne bip bip pense plus bip qu'à bip ça bip. Ca bip tient bip bip du suplice bip chinois. Si bien bip bip qu'au bout bip de 3 heures bip de voyages, vous avez la tête comme une pastèque. Fiou, ça s'est calmé.... Heyyyyyyy, macarenaaaaa!
    - Ceux qui sont dans le train comme dans leur clos. "NON,CE QUE JE DIS, C'EST QUE J'AURAIS PAS DU COUCHER AVEC MIGUEL, IL FAIT MAL LA BROUETTE... ALLO ALLO?... OUI,JE CROYAIS QUE CA AVAIT COUPE. ALLO? ALLOOOOOOO?... merde ça a coupé... heyyyy macarenaaaaaaa! ALLO OUI, CA AVAIT COUPE!".

- Les mômes ne supportent pas le train. D'ailleurs, on devrait les interdire dans les trains. Ou les mettre dans un compartiment spécial, entre petits monstres. Ou dans un caisse grillagée, comme les chats. Sans ça, c'est l'horreur : ça grimpe partout, ça chiale, ça chouine, ça crie, ça se roule par terre, ça vous donne des coups de pieds, ça vous regarde en rigolant... l'enfer. Le pire, c'est surtout quand ils jouent avec le portable des parents!... .... attention, 3, 2, 1.... heyyyyyy, macarenaaaaaaa!

- Je me trompe de train car je suis con. Et oui, malgré mon passé de vieux routiers du train, il m'est arrivé récemment une bien belle histoire de gros con. J'arrive à la gare avec 10 minutes d'avance sur mon train, je regarde le numéro de la voie et je vais tranquillement prendre mon train qui part à 9h05. Là, je vois des gens qui court partout. Dans ma tête, je me dis : "c'est bon, il part dans 7 minutes, vous avez le temps bande de nazes". Je monte dans mon wagon, m'installe tout aussi tranquillement quand le controleur prend la parole : "vous avez pris place à bord du train n°8596 à destination de Trifouilly-les-oies, attention à la fermeture des portes". Et là, mon cerveau a fait vite le rapprochement entre moi et un gros débile mental : je ne vais pas du tout à Triffouilly-les-oies, il est 9h00 et mon train part normalement à 9h05, je comprends pourquoi ça courait partout! Là, j'ai fait une sortie à la Matrix en prenant mon sac, en marchant sur les murs et les plafonds, en bousculant tout le monde. Je suis sorti et j'ai fait ouf. Mais par pour longtemps. Parce qu'il me restait 5 minutes pour remonter tout le quai et retrouver mon train. Et là, je suis devenu le gros con qui court partout dans la gare! L'histoire s'est bien terminée mais mon coeur était un peu affolé pendant 1h après!

Mais alors pourquoi suis-je aussi amoureux des voyages en train?
- Parce que je rêve toujours d'avoir une charmante compagnonne de voyage.
- Parce que j'ai une mémoire de poisson rouge.
- Parce que finalement, le train est le seul endroit où l'on n'existe plus vraiment. C'est une parenthèse dans notre vie. On vient de quelque part, on va quelque part mais entre les deux, il n'y a rien. C'est reposant.
Par aston
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Mercredi 24 mai 2006
Je ne sais pas si c'est moi mais il faut bien dire que j'ai une pouasse inimaginable...
Parmi tout ce que je vous ai raconté dans "malédiccione", certaines choses sont fausses. Encore heureux, je ne porte pas la pouasse du monde sur mes épaules. Pourtant, il m'en arrive des belles quand même.

Ce qui est le plus énervant dans cette histoire de pouasse, c'est que je ne crois ni en dieu, ni en l'horoscope, ni en une force maléfique que l'on pourrait dénommer "ManqueDeMoule", ni en Pierre Richard. Non, je suis seul avec cette évidence : soit je suis maladroit, soit le hasard est terriblement mal fait! Je ne peux donc en vouloir à personne. Et pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manque parfois, je vous le dis.

La dernière fois que j'en ai voulu à la terre entière, c'est le jour où j'ai loupé mon train. En résumé :
- j'ai loupé un bus à deux secondes près,
- le bus suivant n'est pas passé,
- le suivant est arrivé en retard,
- j'ai loupé le RER à quelques secondes,
- tous les petits vieux se mettaient en rangs serrés pour me ralentir dans les escalators,
- mon métro s'est arrrêté à cause d'une panne de courant,
- quand je suis arrivé à la gare, j'ai trouvé une machine à billets avec seulement deux personnes devant. Mais ces personnes étaient les plus lentes de l'histoire des escargots...
- J'ai finalement échoué avec la queue entre les jambes, le billet dans les mains,le train partant leeeeeennnnnntement devant mes yeux.
- Le prochain train était 1h30 plus tard....

Il faut bien reconnaitre une vertu à la malchance : celle de vous forger une patience à toute épreuve. Alors que les voyageurs lambda crient après le train qui s'en va sous leurs yeux remplis de larmes, moi j'arrive à faire le deuil de mon train au bout de 2 nanosencondes. "Bon, tant pis". Pendant ce temps, Jean-Jacques, qui avait une réunion super importante à l'autre bout de la France continue de se défouler sur une poubelle, un banc, une boite de BigMac à l'abandon ou un controleur qui n'avait rien demandé.

Et puis, quand on a de la chance, c'est un moment de joie que seuls les malchanceux peuvent comprendre : le bus qui arrive en même temps que nous, le train qui est en retard pour nous attendre, la merde de pigeon qui tombe juste devant nous, la pluie qui tombe une fois que l'on est rentré... ça donne presque envie de chialer. Mais bon, je chiale pas, je suis pas une tafiolle.

Alors, il faut savoir que les physiciens sont arrivés à la conclusion que le hasard était une composante intrinsèque de notre monde : à une certaine échelle, tout n'est que probabilité. Mais alors pourquoi ai-je la certitude d'être un pouassard?

PS : on me souffle à l'oreillette que ce serait de ma faute si Over-Blog plante. Le pire, c'est que je ne peux pas contredire...
Par aston
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Vendredi 2 juin 2006
C'était pas le sujet que j'avais en tête au début et puis je me suis dit qu'un peu d'humour à 4 roupies me ferait le plus grand bien. Parlons donc d'un art délicat et souvent mal maîtrisé : celui du choix de la valise.
"La valise est le reflet de nos personnalités". C'est pas moi qui le dit, c'est George Eastpack, un gars qui s'y connaît en bagagerie. Et il n'a pas tort George : notre valise, c'est un peu notre vie en miniature que l'on transporte, comme une mignonne carapace sur un escargot tout gluant. Et comme tout ce qui nous habille, il faut la choisir avec attention.

Il y a donc plusieurs types de valises. Petit listing.
- Il y a d'abord la vieille valise qui dégueule sur le quai au moment de monter dans le train. Cette valise, héritée de Mamie Patate (parce que cette mamie fait souvent des patates), est celle qu'utilisent les gens qui ne voyagent pas souvent. Inutile d'en acheter une nouvelle. Malheureusement, cette valise a fait la guerre. Pas celle de 39-45 ni celle de 14-18 mais bien la guerre de 1870 tant son architecture est éloignée des standards actuels : poignée en rotin, garniture en velours, surpiqures en cuir marron, loquets en or 24 carats. Et surtout un volume conséquent : elle était prévue pour dégager rapidement ladite mamie après son mariage avec le fils du voisin. Du coup, la valise est lourde, gigantesque et fait terriblement mal quand on la porte...Moi, je dis non!
- Il y a ensuite le sac de sport. Il est grand sans être trop grand. Ossature légère mais plutôt robuste. Le sac parfait quoi. Et bien non! Il est tout mou. Et les sacs tout mous, c'est nul. Parce que le pull bien plié sur le dessus du sac se retrouve comme un vieux chiffon à la fin du voyage et qu'on a l'air d'un con sur son lieu de vacances pendant une semaine! A éviter donc. A moins d'avoir mis un fer à repasser dans son sac. Mais là, c'est de l'ultra prévoyance.
- L'homme moderne est un grand voyageur. Il a donc su tenir compte des erreurs du passé pour mettre au point l'arme absolue en terme de bagagerie : la valise à roulettes et à poignée télescopique. "D'un design élégant, cette valise vous accompagne dans tous vos déplacements. Rigide, elle permet à vos vêtements de ne pas se froisser. Ses roulettes et sa poignée ajustable permettent par ailleurs de soulager votre dos pendant les transferts"... ouah!!! J'ai les yeux qui pétillent!  Alors j'ai succombé et je suis allé claquer la monnaie du pain dans un de ces petits bijoux de technologie. Et là, oh surprise, ça a l'air d'être aussi bien que dans la pub... Mais comme vous le savez, il y a toujours un mais. Le mais, c'est que la bête est très instable en virage. Souvent, des accidents de valises, des tonneaux, viennent égayer la vie de la gare. Ca brise le coeur. IDe plus, avec ce genre de valise qu'on traine derrière soi nonchalamment, on a tendance à écraser les pieds des autres gens... combien d'orteils ai-je perdu? Des dizaines (j'étais très fourni en orteils). Pour éviter ce genre de situations quand on est très pressé, il faut finalement prendre cette super valise comme un valise normale : par la poignée. Sauf que cette poignée de secours est mal pensée et que la valise est globalement plus lourde à cause de tous les artifices (roues et poignées). Bref, c'est bien pour les lambins!
- Certains se disent : vu que toutes les valises sont merdiques, pourquoi ne pas tout sacrifier au style au final? On a donc vu fleurir des bagages Louis Vuitton et Yves Saint Lorent. Déjà, faudra qu'on m'explique un jour pourquoi un sca marron en cuir de vachette parsemé de L et V croisés est joli. Mais bon... Sinon, il ne faut pas tout sacrifier au conforts. Il faut bien voir que le cuir de vachette et le doublage en vison de sibérie est terriblement lourd. A vide, on se retrouve avec un bestiaux de 4 kg entre les bras. Faut presque une valise pour le transporter. Non, vraiment, c'est pas la solution.
- D'autres se disent : quitte à tout sacrifier, autant achter un sac en toile de jute façon militaire, avec une lannière et une bandoulière. La c'est pareil, faut pas pousser : la lannière de la besace, c'est la petite soeur de la lame de guillotine! Au mieux vous avez le cou rouge. Au pire, voitre chérie vous met une baffe en criant "c'est quoi ce suçon". Non, ce n'est pas la solution.

Non, le plus sûr moyen de faire un bon voyage, c'est encore de prendre un petit sac à dos et de n'y mettre que le strict nécessaire (quand c'est possible). Là, le voyage retrouve toute sa saveur.

Et puis merde, un slip pour quinze jours, c'est suffisant.
Par aston
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