Lundi 15 mai 2006
On appelle ça la malchance, la pouasse, le manque de bol, de pot, de choune, de chagatte. Moi, j'appelle ça le syndrôme de la tartine de confiture.
Tout bon tartineur sait qu'une tartine tombe toujours sur le côté beurré et/ou confituré et/ou mielé et/ou margariné et/ou nutellé. C'est un constat, une conjecture, un état de fait... bref, c'est la merde. Par exemple, par opposition, on peut être sûr que cette tartine photographiée a été posée sur le sol et qu'elle n'est pas tombée car sinon, les myrtilles auraient fait la connaissance des lattes en pin du plancher.
Le problème n'est pas tant la tartine. S'il n'y avait qu'elle, le monde vivrait des jours paisibles. Non, le problème, ce sont les extensions du syndrôme de la tartine. C'est le but de cette petite catégorie. Parler des malédictions et autres châtiments que la vie nous inflige. Sadiquement.
Aujourd'hui, nous commencerons par la file d'attente à la caisse du mamouth.
Tout le monde a fait la queue à la caisse une fois dans sa vie. Si ce n'est pas le cas :
- soit vous êtes pétés de thunes et c'est votre bonne qui fait les courses. Pensez à elle en lisant l'article.
- soit vous avez 5 ans et vous devriez être couché à cette heure-ci. Allez oust!
Tout le monde sait donc de quoi je veux parler. Je veux parler :
- de Jeanine. Cette pauvre vieille femme a 85 ans et pas toutes ses dents. Elle est bossue, elle boite et a un oeil de verre. Malgré toutes ces qualités qui la rendent sympathique, Jeanine est une sale connasse qui fait ses courses à 18h alors qu'elle a toute la journée pour les faire. On pourrait se dire qu'elle a envie de gouter au contact de ses congénères. Que nenni. Jeanine râle, est agacée par cette foule, suffoque et finit par gratter les 20 personnes qui attendent là depuis 1 heure, à la caisse 20. "Pardon, je suis vieille et malade. Laissez-moi passer. Rho la la, laissez moi passer bon sang". Oui, Jeanine refait le même coup toutes les semaines : elle est donc habituée et ne daigne même plus demander la permission. Un jour, Jeanine, je lui briserai sa jambe de bois.
- de Kevin et Steven. Ces deux personnes sont en fait deux adolescents. On le sait parce que Kevin et Steven étaient des noms à la mode dans les années 90, les années Beverly Hills. Comme ils sont jeunes et cools, ces deux p'tits cons se nourrissent uniquement de chipsters, curly, de coca et de vodka au bon goût de bonbon. Malheureusement, Kevin et Steven sont fauchés et n'ont réussi qu'à piquer la monnaie du pain depuis trois mois. Du coup, ils payent en pièce de 1 centime. Au final, la caissière a refait son fond de caisse et ma glace Miko a fondu dans le fond de mon sac plastique. Un jour, Kevin et Steven, je les dénoncerai à l'opération Pièces jaunes.
- de Brigitte. Brigitte est une maman débordée. Elle a réussi tant bien que mal à faire ses courses avec ses trois chiards qui dévastent tout dans le magasin. Patrick, son mari, est resté à la maison pour lire Tuning magazine, ce qui ne facilite pas les choses. Donc, Brigitte a fini ses courses. Les enfants n'ont réussi à mettre que 3 poupées Barbie et 4 camions de pompier discrètement. C'est bien. Après trois heures de lutte, après avoir passé les 289 articles, le compteur affiche 178.56€. Brigitte souffle : c'est pas ce mois-ci qu'elle ira en thalasso. Mais bon faut bien payer... D'ailleurs... en parlant de payer, où ai-je mis mon chéquier? Et ma carte de crédit?... putain, elle est restée dans la 205 GTI Turbo/4x4/Intercooler/Jantes alu rose bonbon de Patrick. Et oui, c'est vrai, il s'est acheté une nouvelle queue de renard ce week end... pfff... Au final, Brigitte est obligée d'appeler Patrick qui arrivera 20 minutes plus tard avec son chéquier. Et mes patates congelées auront définitivement rendu l'âme. Prions pour elles. Un jour, je ne casserai pas la gueule de Brigitte mais celle de Patrick. Une queue de renard, c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres.
- de Nadine. Nadine n'est pas une cliente. Nadine est une vendeuse. Une nouvelle hôtesse d'accueil. Elle sait passer les articles sur le lecteur. Bip.... Bip.... .... Bip.... Bip.... Par contre, elle ne sait pas trop faire autre chose encore. Du coup, quand elle vous demande si vous voulez bénéficier de votre super cagnotte de 2.30€ et que vous dites oui, elle appuie sur la mauvaise touche. Et là, c'est le drame. Impossible de revenir en arrière. Et là, le verdict tombe : "il va falloir tout recommencer". Tiens, je ne me rappelais pas avoir pris de la moutarde et pourtant je la sens monter. Mais en bon gentleman, on se retient, on brise discrètement le crayon papier que l'on avait dans la poche et on sourit. Et c'est reparti. Les patates croyaient avoir survécu aujourd'hui. Le coup est encore plus dur. Adieu les pommes rissolées. Jamais vous n'accomplirez votre mission d'accompagner mes escalopes de poulet. Un jour, je me rappellerai qu'il ne faut pas aller à la caisse de la jolie Nadine. Il faut toujours aller à la caisse de Bertha, la caissière de 50 ans et 150 kilos. Moche mais efficace.
- de Malavida. Malavida est une jeune femme proche de ses sous : normal, elle est étudiante ou vient juste de sortir de l'école. Toute auréolée de son diplôme, elle vadrouille donc dans le mamouth à la recherche de knackis, de purée "pom'lisse', de pâtes Eco+ et de bolognaise "pouce". Ses courses ont été rapides car elle n'a pas les moyens d'acheter grand chose. Arrivée à la caisse, elle dispose de ce que l'on pourrait appeler "capital temps" supérieur à celui de ses congénères consommateurs : en gros, il lui reste de la patience. C'est pourquoi, quand vient le moment de payer, elle n'hésite pas à dégainer ses tickets de réductions "2 saucisses pour le prix d'1!!!!", ses autocollants "-0.40€!!!!", sa carte fidélité "mamouth écrase les prix!!!!" (c'est fou l'encre consommée pour les points d'exclamation)et ses divers bons de réduction découpés de ci de là dans Marie Claire, Jeune et Jolie ou Elle. Au bout de 25 minutes, quand la caissière a bien vérifié que le bon de réduction "légumes" s'appliquait bien au sac de tomates, elle triomphe en écoutant la caissière annoncer : "cela vous fait 68 centimes d'économie. Donc, vous devez 49 euros 35". Et oui, tout ça pour moins de 2% d'économie. "Oui mais au final...". Un jour, je lui filerai 1 euro avant qu'elle ouvre son porte feuille.
- d'Aston. Tiens mais c'est moi. Mais oui, c'est moi. Pourquoi? Parce qu'il faut rappeler que l'on parle du syndrôme de la tartine. Et qu'il faut bien que quelqu'un laisse tomber cette foutue tartine : moi. A la caisse, cela se traduit souvent par : "y'a pas le code barre sur votre tube de vaseline" ou "vous avez oublier de peser vos concombres" (ne voyez aucun rapport entre les deux, tout ca n'est que pure fiction). Bref, vous êtes à la mauvaise place : celle de celui qu'une file entière déteste. Au final, plutôt que de subir les foudres de la file, vous abandonnez lâchement vos concombres ou votre vaseline sur un coin de la caisse, entre les chewing-gums et les magazines télé. Un jour, je me taperai la tête contre les murs.
Bref, le syndrôme de la tartine est puissant. Il arrive à mettre à mal la grande distribution. Un long travail de sape sacrément efficace. C'est fou ce qu'on peut faire avec du pain et du beurre. Plus fort que Mc Gyver et l'agence tous risques réunis.
Tout bon tartineur sait qu'une tartine tombe toujours sur le côté beurré et/ou confituré et/ou mielé et/ou margariné et/ou nutellé. C'est un constat, une conjecture, un état de fait... bref, c'est la merde. Par exemple, par opposition, on peut être sûr que cette tartine photographiée a été posée sur le sol et qu'elle n'est pas tombée car sinon, les myrtilles auraient fait la connaissance des lattes en pin du plancher.
Le problème n'est pas tant la tartine. S'il n'y avait qu'elle, le monde vivrait des jours paisibles. Non, le problème, ce sont les extensions du syndrôme de la tartine. C'est le but de cette petite catégorie. Parler des malédictions et autres châtiments que la vie nous inflige. Sadiquement.
Aujourd'hui, nous commencerons par la file d'attente à la caisse du mamouth.
Tout le monde a fait la queue à la caisse une fois dans sa vie. Si ce n'est pas le cas :
- soit vous êtes pétés de thunes et c'est votre bonne qui fait les courses. Pensez à elle en lisant l'article.
- soit vous avez 5 ans et vous devriez être couché à cette heure-ci. Allez oust!
Tout le monde sait donc de quoi je veux parler. Je veux parler :
- de Jeanine. Cette pauvre vieille femme a 85 ans et pas toutes ses dents. Elle est bossue, elle boite et a un oeil de verre. Malgré toutes ces qualités qui la rendent sympathique, Jeanine est une sale connasse qui fait ses courses à 18h alors qu'elle a toute la journée pour les faire. On pourrait se dire qu'elle a envie de gouter au contact de ses congénères. Que nenni. Jeanine râle, est agacée par cette foule, suffoque et finit par gratter les 20 personnes qui attendent là depuis 1 heure, à la caisse 20. "Pardon, je suis vieille et malade. Laissez-moi passer. Rho la la, laissez moi passer bon sang". Oui, Jeanine refait le même coup toutes les semaines : elle est donc habituée et ne daigne même plus demander la permission. Un jour, Jeanine, je lui briserai sa jambe de bois.
- de Kevin et Steven. Ces deux personnes sont en fait deux adolescents. On le sait parce que Kevin et Steven étaient des noms à la mode dans les années 90, les années Beverly Hills. Comme ils sont jeunes et cools, ces deux p'tits cons se nourrissent uniquement de chipsters, curly, de coca et de vodka au bon goût de bonbon. Malheureusement, Kevin et Steven sont fauchés et n'ont réussi qu'à piquer la monnaie du pain depuis trois mois. Du coup, ils payent en pièce de 1 centime. Au final, la caissière a refait son fond de caisse et ma glace Miko a fondu dans le fond de mon sac plastique. Un jour, Kevin et Steven, je les dénoncerai à l'opération Pièces jaunes.
- de Brigitte. Brigitte est une maman débordée. Elle a réussi tant bien que mal à faire ses courses avec ses trois chiards qui dévastent tout dans le magasin. Patrick, son mari, est resté à la maison pour lire Tuning magazine, ce qui ne facilite pas les choses. Donc, Brigitte a fini ses courses. Les enfants n'ont réussi à mettre que 3 poupées Barbie et 4 camions de pompier discrètement. C'est bien. Après trois heures de lutte, après avoir passé les 289 articles, le compteur affiche 178.56€. Brigitte souffle : c'est pas ce mois-ci qu'elle ira en thalasso. Mais bon faut bien payer... D'ailleurs... en parlant de payer, où ai-je mis mon chéquier? Et ma carte de crédit?... putain, elle est restée dans la 205 GTI Turbo/4x4/Intercooler/Jantes alu rose bonbon de Patrick. Et oui, c'est vrai, il s'est acheté une nouvelle queue de renard ce week end... pfff... Au final, Brigitte est obligée d'appeler Patrick qui arrivera 20 minutes plus tard avec son chéquier. Et mes patates congelées auront définitivement rendu l'âme. Prions pour elles. Un jour, je ne casserai pas la gueule de Brigitte mais celle de Patrick. Une queue de renard, c'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres.
- de Nadine. Nadine n'est pas une cliente. Nadine est une vendeuse. Une nouvelle hôtesse d'accueil. Elle sait passer les articles sur le lecteur. Bip.... Bip.... .... Bip.... Bip.... Par contre, elle ne sait pas trop faire autre chose encore. Du coup, quand elle vous demande si vous voulez bénéficier de votre super cagnotte de 2.30€ et que vous dites oui, elle appuie sur la mauvaise touche. Et là, c'est le drame. Impossible de revenir en arrière. Et là, le verdict tombe : "il va falloir tout recommencer". Tiens, je ne me rappelais pas avoir pris de la moutarde et pourtant je la sens monter. Mais en bon gentleman, on se retient, on brise discrètement le crayon papier que l'on avait dans la poche et on sourit. Et c'est reparti. Les patates croyaient avoir survécu aujourd'hui. Le coup est encore plus dur. Adieu les pommes rissolées. Jamais vous n'accomplirez votre mission d'accompagner mes escalopes de poulet. Un jour, je me rappellerai qu'il ne faut pas aller à la caisse de la jolie Nadine. Il faut toujours aller à la caisse de Bertha, la caissière de 50 ans et 150 kilos. Moche mais efficace.
- de Malavida. Malavida est une jeune femme proche de ses sous : normal, elle est étudiante ou vient juste de sortir de l'école. Toute auréolée de son diplôme, elle vadrouille donc dans le mamouth à la recherche de knackis, de purée "pom'lisse', de pâtes Eco+ et de bolognaise "pouce". Ses courses ont été rapides car elle n'a pas les moyens d'acheter grand chose. Arrivée à la caisse, elle dispose de ce que l'on pourrait appeler "capital temps" supérieur à celui de ses congénères consommateurs : en gros, il lui reste de la patience. C'est pourquoi, quand vient le moment de payer, elle n'hésite pas à dégainer ses tickets de réductions "2 saucisses pour le prix d'1!!!!", ses autocollants "-0.40€!!!!", sa carte fidélité "mamouth écrase les prix!!!!" (c'est fou l'encre consommée pour les points d'exclamation)et ses divers bons de réduction découpés de ci de là dans Marie Claire, Jeune et Jolie ou Elle. Au bout de 25 minutes, quand la caissière a bien vérifié que le bon de réduction "légumes" s'appliquait bien au sac de tomates, elle triomphe en écoutant la caissière annoncer : "cela vous fait 68 centimes d'économie. Donc, vous devez 49 euros 35". Et oui, tout ça pour moins de 2% d'économie. "Oui mais au final...". Un jour, je lui filerai 1 euro avant qu'elle ouvre son porte feuille.
- d'Aston. Tiens mais c'est moi. Mais oui, c'est moi. Pourquoi? Parce qu'il faut rappeler que l'on parle du syndrôme de la tartine. Et qu'il faut bien que quelqu'un laisse tomber cette foutue tartine : moi. A la caisse, cela se traduit souvent par : "y'a pas le code barre sur votre tube de vaseline" ou "vous avez oublier de peser vos concombres" (ne voyez aucun rapport entre les deux, tout ca n'est que pure fiction). Bref, vous êtes à la mauvaise place : celle de celui qu'une file entière déteste. Au final, plutôt que de subir les foudres de la file, vous abandonnez lâchement vos concombres ou votre vaseline sur un coin de la caisse, entre les chewing-gums et les magazines télé. Un jour, je me taperai la tête contre les murs.
Bref, le syndrôme de la tartine est puissant. Il arrive à mettre à mal la grande distribution. Un long travail de sape sacrément efficace. C'est fou ce qu'on peut faire avec du pain et du beurre. Plus fort que Mc Gyver et l'agence tous risques réunis.
Au commencement, il y avait deux êtres : Adam et Eve. Et puis un jour, Eve a pris la place d'Adam dans le train, ce qui a beaucoup énervé dieu. Celui-ci a alors décidé de punir Adam et Eve. La suite, on la connait...
Parmi tout ce que je vous ai raconté dans "malédiccione", certaines choses sont fausses. Encore heureux, je ne porte pas la pouasse du monde sur mes épaules. Pourtant, il m'en arrive des belles quand même.
"La valise est le reflet de nos personnalités". C'est pas moi qui le dit, c'est George Eastpack, un gars qui s'y connaît en bagagerie. Et il n'a pas tort George : notre valise, c'est un peu notre vie en miniature que l'on transporte, comme une mignonne carapace sur un escargot tout gluant. Et comme tout ce qui nous habille, il faut la choisir avec attention.
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